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Coronavirus : la panique gagne l’Arabie Saoudite, l’OMS appelle à la vigilance

Le coronavirus vu au microscope. © AFP

La panique a commencé à gagner, lundi 13 mai, les habitants de l'est de l'Arabie saoudite où ont été recensés la majorité des cas de coronavirus, proche du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui avait causé la mort, en 2003, de plus de 800 personnes en Chine. L’OMS lance un appel à la vigilance.

Dans la partie est de l’Arabie Saoudite, c’est déjà la psychose. Au moindre signe de fièvre, des Saoudiens se précipitent aux services d’urgence des hôpitaux de la région d’Al-Ahsa. C’est ici qu’on a recensé, ces derniers jours, la majorité des cas de coronavirus dont trois nouveaux ont été signalés le 12 mai.

« J’ai ressenti les symptômes d’une grippe, accompagnés de fièvre, explique un jeune homme qui a requis l’anonymat, joint par l’AFP au téléphone. Je me suis rendu à l’hôpital mais ces symptômes ont disparu au bout d’une journée et malgré cela je suis toujours placé en quarantaine avec d’autres malades, ce qui me fait peur. »

Isolement médical

C’est la nouvelle consigne médicale. Désormais, tous les cas admis dans les hôpitaux de la région sont placés en isolement médical, selon les autorités.

Le ministre de la Santé, Abdallah Al-Rabia, de son côté, a annoncé, le 12 mai, que 15 personnes étaient mortes du coronavirus proche du Sras depuis l’été dernier dans le royaume, sur un total de 24 cas d’infection en Arabie saoudite.

Au nombre des morts figure une fillette de neuf ans, arrivée à l’hôpital avec une forte fièvre et décédée quelques heures plus tard. Une autre victime est un jeune homme paralysé de 21 ans, Haidar Ghanem. Atteint il y a une semaine d’une très forte fièvre, ce dernier a été admis dans une clinique locale alors qu’il était inconscient, a précisé à l’AFP son père Mokhtar. Il est décédé quatre jours plus tard.

Recommandations

À la demande de Ryad, le directeur général adjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les affaires de sécurité sanitaire et d’environnement, Keiji Fukuda, a rapidement effectué une visite au pays pour aider à évaluer la situation et apporter des orientations et des recommandations face au coronavirus. 

Pour l’instant, l’OMS ne dispose pas d’assez d’informations pour parvenir à des conclusions sur le mode et la source de transmission du coronavirus. Elle appelle à la vigilance à l’égard de cette grave infection respiratoire.

Au même moment, en France, le pronostic vital des deux patients atteints par le coronavirus et hospitalisés à Lille (nord) est engagé, mais la guérison reste possible. « Il existe des chances raisonnables qu’ils puissent s’en sortir », a rassuré, le 12 mai, Daniel Mathieu, chef du service réanimation du Centre hospitalier régional universitaire CHRU de Lille, lors d’un point de presse. Un communiqué du Centre a ajouté que le deuxième patient a été placé sous assistance ventilatoire par respirateur en raison d’une dégradation respiratoire dans la nuit.

Bilan de 18 morts sur 34 cas

Au niveau mondial, 34 cas confirmés du nouveau virus ont été notifiés à l’OMS depuis septembre 2012 et 18 personnes en sont mortes, selon un dernier bilan. 

Le professeur Arnaud Fontanet, responsable de l’unité des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, a souligné les grandes similitudes de cette nouvelle menace avec l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait causé la mort de plus de 800 personnes en Chine en 2003, déclenchant une alerte sanitaire à l’échelle mondiale.

Dans les deux cas, les symptômes sont respiratoires et la transmission s’exerce par voie respiratoire et par contact rapproché, a indiqué l’expert, assurant que, grâce aux mesures de prévention prises à l’époque, il avait été possible de contenir assez rapidement la propagation du virus.

(Avec AFP)

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