Centrafrique : le cantonnement de la Séléka a débuté

Des rebelles de la Séléka dans le camp militaire de Bossembélé, le 7 avril 2013. © AFP

Lundi 13 mai, près de 200 combattants de la Séléka ont quitté Bangui pour la base de Bria (centre-est), un des 16 sites où les ex-rebelles centrafricains doivent être cantonnés.  

Mesure attendue depuis plusieurs semaines afin de sécuriser Bangui, le cantonnement des éléments de la Séléka a débuté lundi 13 mai. Les troupes ex-rebelles, dont le nombre oscille entre 2 et 6 000 doivent être progressivement envoyées sur les 16 sites prévus (les 15 préfectures, et Bangui).

Lundi, près de 200 combattants « été présentés en fin d’après-midi (…) au président de la Michel Djotodia ». Escortés par la force multinationale d’Afrique centrale (Fomac), ils ont ensuite quitté la capitale centrafricaine pour la base de Bria (centre-est), où ils seront cantonnés, a indiqué une source au sein du haut-commandement militaire.

« Il s’agit du début des opérations de cantonnement des éléments du Séléka, qui vont se poursuivre progressivement dans les sites identifiés », a-t-elle précisé. Les opérations doivent se poursuivre toute la semaine. Elles avaient été promises par le président Djotodia et le Premier ministre Nicolas Tiangaye pour contribuer à la sécurisation de Bangui et des provinces, théâtre de nombreux pillages par les anciens rebelles.

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Heurts récuurents

Selon l’organisation Human Rights Watch (HRW), « les rebelles se sont livrés (à leur entrée dans la capitale) à une frénésie » de pillages, assassinats, viols et règlements de comptes avec des membres des Forces armées centrafricaines (Faca). Vendredi, HRW a déploré de « graves violations des droits humains », appelant l’ex-rébellion à mettre fin « immédiatement à ses exactions atroces ».

Les accrochages avec la population de la capitale sont fréquents. Trois personnes ont été tuées dans la nuit de 9 au 10 mai à Bangui dans des heurts entre civils et éléments de la Séléka. Origine de l’incident ? Un accident de la circulation.

Début avril, le Premier ministre Tiangaye avait reconnu qu’il était difficile de « discipliner les rebelles du jour au lendemain » car cela concernait « des milliers de personnes », mais a assuré que leur casernement était en cours et que la situation sécuritaire s’améliorait à Bangui. Les autorités ont demandé aux forces françaises à Bangui d’appuyer la Fomac pour sécuriser la capitale.

(Avec AFP)