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Cameroun : quand Roger Milla appelle à « tabasser » le sélectionneur étranger

Roger Milla est ambassadeur itinérant du football camerounais depuis 2001. © AFP

Dans une interview accordée au quotidien camerounais "Le Messager", Roger Milla, l’ancien attaquant des Lions indomptables, a tenu des propos d’une rare violence à propos de la probable arrivée d’un sélectionneur étranger.

Qu’il s’appelle Volker Finke, Raymond Domenech ou Antoine Kombouaré, le futur sélectionneur étranger du Cameroun est prévenu. « Dites à cet entraîneur qui s’apprête à débarquer au Cameroun de rebrousser chemin sinon nous allons le tabasser avant de le refouler chez lui. Nous ne pouvons pas accepter ces ennemis du pays », a lâché l’ambassadeur itinérant du football camerounais, Roger Milla, dans un entretien au Messager, paru le 13 mai.

« Milla est sanguin, il n’a pas vraiment tendance à réfléchir à ce qu’il dit. Mais là, c’est grave, car il lance ouvertement un appel à la violence, tout en faisant preuve d’un vrai racisme », accuse Pierre Lechantre, l’ancien sélectionneur des Lions que l’ancienne idole du foot africain n’a jamais ménagé.

Éjecté du banc camerounais en septembre 2012, Denis Lavagne, n’est guère surpris par l’outrance de Milla. « « Il dérape souvent. Cette fois ci, il est allé encore plus loin, et c’est navrant. On peut se demander s’il n’est pas un peu xénophobe ou raciste… Mais son intérêt à lui, c’est que la sélection n’obtienne pas de résultat, qu’il prenne la présidence de la fédération afin de nommer un coach qui sera sous son influence. »

"Inacceptable"

Mais en multipliant les interventions pour défendre son ami Jean-Paul Akono, dont les jours à la tête des Lions sont comptés, l’ancien attaquant du Tonnerre Yaoundé « perd de sa crédibilité, juge Adel Amrouche, le sélectionneur algérien du Kenya. C’était un grand joueur, et quand on prend de l’âge, on est supposé mûrir. Lui, c’est tout le contraire. Un entraîneur, c’est un citoyen du monde. Appeler à la violence et tenir des propos racistes, c’est carrément inacceptable. »

L’ancien international camerounais Romarin Billong condamne lui aussi la sortie médiatique de son compatriote mais n’accrédite pas la thèse du racisme. « Je pense que Milla a une réaction de protectionnisme, qu’il préfère qu’on donne leur chance à des entraîneurs camerounais, ou qu’Akono soit maintenu. Mais il est allé trop loin. Tous ceux qui ont les compétences pour aider le football camerounais sont les bienvenus. » Et Pierre Lechantre de s’interroger sur la position de la présidence de la République. « Je ne pense pas que M. Paul Biya apprécie ces déclarations pleines de violence, alors que des Français ont été kidnappés au nord du pays en février et libérés, en partie grâce au chef de l’État… »

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