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Racisme : « Be my slave », la mode au centre d’une nouvelle polémique sur l’esclavage

Une photo du shooting "Be my slave". © DR

Après la dernière controverse autour de la gamme "style esclave" de la marque Mango, une nouvelle polémique secoue le milieu de la mode. Cette fois-ci, c’est un shooting baptisé "Be my slave" ("sois mon esclave"), réalisé par une photographe pakistanaise, qui relance le débat. Très raciste ou... juste un peu ?

Dans la mode, la polémique autour du racisme véhiculé par certains clichés serait-elle en passe de devenir une stratégie de marketing courante ? En tout cas, les scandales se suivent et se ressemblent. Après le « style black » du magazine français Elle en 2012, le feuilleton s’est poursuivi cette année notamment avec l’épisode « African Queen » de la mannequin blanche maquillée pour représenter la femme noire, suivi de la collection « style esclave » des bijoux Mango. C’est désormais au tour d’une photographe pakistanaise d’en rajouter une couche avec son shooting « Be my slave » (« Sois mon esclave », en français).

Aamna Aqeel, qui travaille pour Diva magazine au Pakistan, a photographié un modèle blanc à côté d’un enfant qui joue à l’esclave dévoué à sa maîtresse. On le voit tantôt debout, immobile, une ombrelle à la main pour protéger la mannequin vêtue d’une robe en jersey, tantôt en train de dormir à même le sol lorsque sa « patronne » plonge dans la lecture, tantôt tête baisée pour suivre attentivement les instructions de la dame…

"Photos conçues pour choquer"

Les réactions n’ont pas tardé. Depuis Karachi, d’où cette nouvelle polémique est venue, la bloggeuse pakistanaise Salima Feerasta a été l’une des premières personnes à monter au créneau, le 9 mai déjà, pour dénoncer des « images ignobles de racisme et d’exploitation ». Sur son blog, cette diplômée de l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne s’insurge contre cette habitude des magazines de mode qui « font des shooting controversés pour s’attirer l’attention des médias ». Pour elle, les photos d’Aamna Aqueel, « en représentant un mannequin blanc avec un enfant de peau foncée qui lui sert d’esclave », ont été « conçues pour choquer » et faire le buzz.

Sur les réseaux sociaux, en France, les attaques ont plus ciblé le célèbre magazine anglais Diva accusé précipitamment et à tort d’avoir commandé ces clichés aux relents racistes.


« Ce shooting a été publié par un autre magazine [au Pakistan, NDRL] qui se nomme aussi Diva, cela n’a rien avoir avec nous », a tenu à préciser Diva, le 15 mai, également par un tweet.

De son côté, la photographe pakistanaise, auteure des photos controversées, continue à nier toute considération raciste dans ses œuvres. Pour Aamna Aqeel, qui plaide sa bonne foi en arguant qu’elle s’implique dans une association caritative pour les droits des enfants, « Be my slave » voudrait juste susciter un débat autour du travail des enfants. Le choix de ce garçon noir ne serait qu’un hasard. « Il travaille dans un garage et voulait se faire un peu d’argent », avance-t-elle.

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Par Trésor Kibangula

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