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Tchad : mandats d’arrêt internationaux contre quatre personnalités du régime Habré

L'ex-dictateur tchadien Hissène Habré, en novembre 2005. © AFP

Quatre personnalités de l'ancien régime de Hissène Habré, dont l’ex-rebelle Mahamat Nouri, sont sous le coup de mandats d’arrêt internationaux lancés, jeudi 16 mai, par la justice tchadienne.

C’est la conséquence directe de l’accord signé le 3 mai entre Dakar et N’Djamena, devant permettre aux juges du tribunal spécial créé pour juger Hissène Habré, de mener des enquêtes au Tchad. La justice tchadienne a lancé, jeudi 16 mai, quatre mandats d’arrêt internationaux contre des personnalités de l’ancien régime d’Hissène Habré, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et réfugié au Sénégal depuis 1990.

« Le mandat d’arrêt concerne Mahamat Nouri, l’ancien leader de l’UFDD (Union des forces pour la démocratie et le développement, rébellion, NDLR), Bichara Idriss Haggar, ancien membre du bureau politique, Bandjim Bandoum, ancien gendarme, et Abakar Torbo », a indiqué à l’AFP une source du ministère de la Justice.

       >> Lire aussi l’interview : Bandoum Bandjim : "Au Tchad, tout le monde était suspect sous Hissène Habré"

Ce n’est pas tout. Une dizaine d’anciens agents de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) visés par des plaintes des victimes ont également été convoqués ce jeudi et mis sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de N’Djamena.

"Idriss Déby déraisonne"

Mahamat Nouri, l’ancien rebelle dont le mouvement avait atteint les portes de la capitale tchadienne en 2008 a rapidement réagi. « Idriss Déby déraisonne, il délire ! », a-t-il déclaré dans la soirée depuis la France où il réside.

« J’ai exercé des responsabilités sous le régime d’Habré oui, mais aux relations internationales, puis comme directeur général de la compagnie aérienne Air Tchad. Où est-ce que j’ai commis des crimes ? La seule chose que Déby peut me reprocher, c’est l’attaque de N’Djamena », s’est agacé l’ancien chef rebelle,

Mercredi, Mahamat Djibrine, ancien tortionnaire et responsable de la DDS, accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, avait déjà été arrêté au Tchad. Selon le procureur général tchadien Massingaral Kagah, il pourrait être extradé vers le Sénégal

Aussi connu sous le sobriquet "El Djonto", ce dernier est accusé de torture et de centaines d’assassinats politiques commis entre 1982 et 1990, sous le régime d’Hissène Habré, qui est réfugié au Sénégal depuis son renversement par l’actuel président Idriss Deby.

(Avec AFP)
 

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