Homosexualité : pour les gays en Afrique, c’est souvent la case prison

Hommage, le 24 avril 2013, à une lesbienne de 24 ans assassiné en Afrique du Sud. © Amnesty International

Peine de mort, perpétuité, travaux forcés… L’amour, dans l’Afrique d’aujourd’hui, peut encore se payer très cher, en particulier pour deux personnes du même sexe. Dans 38 pays sur 54, l’homosexualité est toujours un crime. Et dans six d’entre eux, elle est même synonyme de peine de mort. S’ils existent, rares sont les motifs d’espoir pour la communauté gay africaine.

« Je suis très amoureux de toi ». Une phrase naîve, presque banale, qui a changé la vie du Camerounais Roger Mbédé. Il vit désormais caché, dans un village, loin du campus de l’université de Yaoundé où il étudiait. Son crime : avoir déclaré sa flamme à un autre homme. Sa peine, prononcée par la justice camerounaise : trois ans d’emprisonnement.

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Un jugement qui paraîtrait cependant clément par rapport aux législations en vigueur sur le continent. Peine de mort en Mauritanie, travaux forcés en Angola, emprisonnement à vie en Ouganda ou en Sierra Leone… Les peines maximales pour homosexualité, sodomie ou « comportement contraire à la nature » (selon les terminaisons employées), font frémir (voir carte).

Ambiguïté sud-africaine

Quelques pays africains ont cependant pris la voie de la dépénalisation de l’homosexualité. Le Cap Vert a ainsi abrogé la loi l’interdisant en 2004 et Maurice, Sao Tome et Principe et les Seychelles ont tous trois engagé, depuis 2009, des procédures afin d’assouplir leur législation. Mais c’est l’Afrique du Sud qui fait figure d’exemple : le pays a autorisé un couple de même sexe en 2002 et a reconnu le mariage homosexuel en 2006.

Cependant, selon Danièle Arthur, la responsable Afrique d’Amnesty International qui a publié un rapport sur l’homosexualité en Afrique le 25 juin, ces avancées sont loin de faire de la nation Arc-en-ciel un eldorado pour les homosexuels du continent. « On a des cas de lesbiennes agressées, tuées », explique-t-elle, « c’est bien pire que dans d’autres pays où l’homosexualité est illégale, comme au Cameroun ». De fait, entre juin et septembre 2012, au moins sept personnes y sont mortes des suites d’agression en rapport avec leur orientation sexuelle.

Tour d’horizon des législations en vigueur sur le continent, des plus répressives à celles qui, lentement, évoluent.

Par Mathieu OLIVIER

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