Burkina Faso : Ouagadougou, capitale du cinéma militant

Par Jeune Afrique

La 9è édition du Festival ciné droit libre (CDL) débute le 22 juin. © D.R.

Depuis 2005, le festival Ciné droit libre réunit dans la capitale burkinabè les défenseurs d’un septième art engagé.

Débats, joutes oratoires, concerts, mais surtout… projections vont animer la capitale burkinabè pendant une semaine à compter du 22 juin, à l’occasion de la 9é édition du festival ciné droit libre (CDL). Créé en 2005, l’événement réunit chaque année des grands noms du cinéma et de la société civile africaine. Cette année, ce seront le Camerounais Jean Pierre Bekolo, dont le dernier film « Le Président » a été choisi pour l’ouverture des festivités, ou encore le reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly, personnage central du documentaire « Sababou », qui tiendront le haut de l’affiche.

En tout, 36 films (« Rebelle » de Kim Nguyen, « Vol Spécial » de Fernand Melgar, « Call me Kuchu » de Malika Zouhali-Worall, etc.) sont programmés en divers points de la ville, dans les espaces universitaires, à l’Institut français ou encore au Goethe Institute. À l’origine du festival qui a désormais droit de cité à Ouagadougou se trouve une initiative militante de deux Burkinabès, Abdoulaye Diallo et Luc Damiba, et du Néerlandais Gideon Vink. En 2003, ils coréalisent le film « Borry bana, le destin fatal de Norbert Zongo », en hommage au journaliste assassiné dans des circonstances troubles en 1998. Dès la sortie, la censure frappe et même le festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco) se défile.

« C’est alors que nous avons décidé de faire notre propre projection parallèle en marge du festival, raconte Abdoulaye Diallo. Le succès a été immédiat et nous avons décidé de nous étendre à d’autres films dans ce cas. » La deuxième édition rencontre la même adhésion et les sponsors affluent. « Moi je dis ‘vive la censure’, se réjouit Diallo. Ils ont voulu interdire un film et au lieu de ça ils ont récolté un festival !»

En novembre 2013, CDL se déplacera à Abidjan, après avoir déjà tenu des éditions à Bamako et Nairobi. Mais « Ouaga » reste la base. « Nous ne voulons plus qu’elle soit seulement considérée la capitale du cinéma africain, averti Abdoulaye Diallo. Nous souhaitons qu’elle devienne la capitale du cinéma engagé. »