Fermer

Football : Garzitto, pour un dernier tour de piste

L'entraîneur Diego Garzitto. © AFP

Champion du Soudan en 2012 avec Al-Hilal Omdurman, Diego Garzitto a été viré fin mai. Son ancien club, qui aimerait le faire revenir, lui doit de l’argent, et le Français l’a assigné devant la Fifa, tout en se préparant à un nouvel exil, de préférence en Afrique, un continent qu’il a écumé.

Diego Garzitto ne s’attendait pas à revenir si vite en France dans son village jurassien, près de Lons-le-Saunier. Mohammed Ahmed Albreer, le président d’Al-Hilal, l’a remercié, à peine six mois après lui avoir fait signer un nouveau contrat d’un an. « Il m’a mis dehors, alors que nous étions en tête du championnat. Il a prétexté l’élimination en Ligue des Champions devant les Ivoiriens du Séwé San Pedro (1-4, 3-1), mais le vrai motif, c’est qu’il n’avait plus d’argent pour me payer », explique Garzitto. «  Depuis janvier, je n’ai pas touché de salaire, mon staff technique non plus, et certains joueurs étrangers ne sont pas payés régulièrement. J’ai saisi la Fifa pour obtenir ce qu’on me doit. Mais le plus drôle, c’est qu’Albreer me demande de revenir, mais en divisant mon salaire par trois ! Je veux bien faire un effort, mais quand même…»

Champion avec le TP Mazembe

À Khartoum, Garzitto s’était construit une vraie notoriété grâce au doublé Coupe-championnat réalisé avec Al-Hilal Omdurman (2012), un des grands clubs du pays avec son voisin d’Al-Merreikh, réputé plus riche. Cela avait convaincu ses employeurs de lui offrir une nouvelle année de contrat, assortie d’une substantielle revalorisation salariale. « Ce fût une expérience intéressante, parfois compliquée en raison de la pression populaire et médiatique. Cette année, il y avait deux objectifs : conserver notre titre, et disputer la Ligue des champions.»

La Ligue des champions, une compétition que Garzitto connaît bien, pour l’avoir gagnée en 2009 avec le TP Mazembe de Moïse Katumbi. « J’avais déjà entraîné les Corbeaux en 2003-2004. À l’époque, il vivait en exil en Belgique, et il n’avait pas les moyens d’aujourd’hui. Je suis revenu en 2009, mais l’aventure s’est terminée en septembre 2010, car certains dirigeants voulaient ma tête », explique-t-il.

"Le Togo, c’était mal organisé"

Depuis trente ans, Garzitto a fréquenté plusieurs bancs de touche africains, avec des ressentis variables. « La première fois, c’était pour une pige de trois mois en 1998 à la JC Abidjan, que présidait alors Jacques Anouma. C’est là que j’ai pris goût à l’Afrique. En 2001, je suis allé en Éthiopie, pour diriger la sélection des moins de 20 ans. On s’est qualifiés pour la Coupe du monde de la catégorie. Ma première mission dans ce merveilleux pays  fût un régal. » Mais pas la seconde écourtée au bout de trois mois en mars 2007. Ni celle, éphémère, vécue au Togo en 2002. « C’était mal organisé, et difficile de se faire payer. Je crois que rien n’a changé là-bas », ironise Garzitto, qui a aussi zappé de sa mémoire son bref passage au WAC Casablanca au cœur de l’hiver 2010-2011. « Trop instable, avec des personnes qui veulent déstabiliser le club », résume-t-il.

La fin prématurée de son séjour soudanais pourrait l’inciter à repousser de quelques mois l’âge de la retraite. Plusieurs clubs algériens (JSM Bejaïa, CS Constantine), éthiopien (Saint-Georges FC) et saoudien sont venus prendre quelques renseignements, et son nom circule même au Mali, qui se cherche un nouveau sélectionneur. Madame Garzitto, à qui son mari avait promis que l’épisode soudanais serait le dernier de la série, devra sans doute patienter un peu plus longtemps que prévu…

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici