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Égypte : le président par intérim Adly Mansour dissout l’Assemblée dominée par les Frères musulmans

Par Jeune Afrique

Des partisans du président déchu Mohamed Morsi manifestent au Caire, le 5 juillet 2013. © Gianluigi Guercia/AFP

Selon l'AFP, au moins trois manifestants favorables au président déchu Mohamed Morsi ont été tués au Caire lors d'échanges de tirs avec des soldats. Peu après, le nouveau président par intérim, Adly Mansour, indiquait avoir dissous l'Assemblée dominée par les Frères musulmans.

Mis à jour à 17h58.

Des tirs ont eu lieu, vendredi 5 juillet, au Caire, près d’un bâtiment de la Garde républicaine, où est détenu le président égyptien déchu Mohamed Morsi , au lendemain d’un coup de force de l’armée égyptienne. Deux corps sans vie ont été recouverts d’un drap blanc, et un troisième gisait, la tête fracassée par une balle, selon un journaliste de l’agence.

Les partisans du président déchu ont appelé à manifester, vendredi après la prière. Mais selon un porte-parole militaire, l’armée n’a pas ouvert le feu sur les manifestants. Et d’affirmer que l’armée n’avait utilisé que des balles à blanc et des grenades lacrymogènes. Le ministère de l’Intérieur avait cependant averti qu’il répondrait « fermement » aux troubles et des blindés ont été déployés dans la capitale tandis que des avions à réaction circulaient au-dessus de la capitale.

Nouveau chef des renseignements

De son côté l’Union africaine avait quelques heures plus tôt suspendu la participation de Égypte à son organisation, ce qui n’a pas empêché le nouveau président par intérim, Adly Mansour, de dissoudre la chambre haute du Parlement (Choura), dominée par les Frères musulmans, et de nommer un nouveau chef des services de renseignement, Mohammed Ahmed Farid, a indiqué l’agence officielle Mena.

Toutjours dans l’après-midi, les Frères musulmans égyptiens ont démenti que leur guide suprême, Mohammed Badie, ait été arrêté comme l’avaient annoncé la veille les services de sécurité. « Le numéro un de la confrérie doit faire un discours en fin d’après-midi » devant les partisans de Morsi réunis près d’une mosquée de Nasr City, un faubourg du Caire, a déclaré un porte-parole du mouvement islamiste, Ahmed Aref.

Erdogan dénonce le "coup d’État" en Égypte

Un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre islamo-conservateur turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé le « coup d’État » militaire en Égypte, dans un discours retransmis à la télévision. « Où qu’ils se passent (…) les coups d’État sont une mauvaise chose. Les coups d’État sont clairement contraires à la démocratie », a déclaré M. Erdogan.

« Ceux qui comptent sur leurs armes, ceux qui comptent sur la puissance des médias ne peuvent pas bâtir la démocratie (…) la démocratie peut seulement se bâtir dans les urnes », a-t-il ajouté. « Les Occidentaux ont raté le test de la sincérité. (…) Désolé, mais la démocratie n’accepte pas le "deux poids, deux mesures" ».

(Avec AFP)

 

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