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Palestine : Jibril Rajoub, l’homme par qui le football féminin arrive

La sélection de Palestine (à g.) face aux Émirats arabes unis, le 28 octobre 2012. © AFP

En Cisjordanie, contrairement à Gaza, les femmes peuvent jouer au football dans des conditions acceptables. Elles le doivent essentiellement à Jibril Rajoub, le puissant président de la Fédération palestinienne et ancien chef de la sécurité de Yasser Arafat.

Dans les territoires occupés, Jibril Rajoub fait partie des personnalités les plus influentes, à qui on ne refuse pas grand-chose. Membre actif du Fatah, ancien chef de la sécurité de Yasser Arafat, il a passé dix-sept ans dans une prison israélienne. Aujourd’hui, il dirige la Fédération palestinienne depuis 2008, mais également le Comité olympique local. Sous son ère et avec l’aide de la Fifa et de plusieurs pays, le football cisjordanien s’est développé (le championnat de Ligue 1 est professionnel, les stades plus nombreux et plus fonctionnels) et la pratique du sport le plus populaire du pays se répand aussi chez les femmes.

>> Lire : Femmes palestiniennes : fierté, égalité, balle au pied

Le Hamas taclé

Ayat Saafin est la responsable du département qui leur est dédié au sein de la Fédération palestinienne. « Dans des régions comme celles de Naplouse ou Hébron la pratique du foot par des femmes est nettement moins bien acceptée qu’à Ramallah, plus ouverte. Dans le sud, il y a beaucoup plus de musulmans, et pour les filles, jouer au foot n’est toujours facile », explique cette ancienne joueuse.

Jibril Rajoub n’avait pas hésité à renvoyer dans ses cordes l’islamiste Aziz Dwair, un des leaders du Hamas, qui avait déclaré sans rire que « le football était interdit aux femmes par la religion. » Le président de la Fédération avait rétorqué « que de tels propos étaient inacceptables, et que ce n’est pas lui (Dwair) qui décidait… »

Le président de la Fifa Joseph Blatter et Jibril Rajoub, dirigeant de la Fédération palestinienne de football, avant un match amical Palestine-Jordanie, le 26 octobre 2008. © AFP

Une ligue semi-pro dans six ans ?

Et même si le poids de la tradition représente toujours un frein, la pratique du football attire de plus en plus de jeunes cisjordaniennes. « La fédération et le ministère de l’Éducation ont signé un contrat afin que le foot soit introduit à l’école pour les filles », explique Saafin. « Nous manquons encore de moyens, mais les choses s’améliorent. Nous avons pour ambition que la Premier League, actuellement amateur, devienne semi-professionnelle d’ici à six ans. »

Une ambition qui ne surprend guère ceux qui connaissent Jibril Rajoub. « À la fédération palestinienne, beaucoup de femmes ont des responsabilités. Et Rajoub veut qu’elles jouent un rôle important dans son action…», explique un de ses proches.

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