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Présidentielle malienne : comment vont voter les réfugiés ?

Le camp de réfugiés de M'Bera, en Mauritanie. © AFP

Près de 175 000 Maliens sont actuellement réfugiés au Burkina, au Niger et en Mauritanie. Grâce à un dispositif spécial, eux aussi devraient réussir à glisser leur bulletin dans l'urne le 28 juillet, comme les quelque 350 000 déplacés à l'intérieur du territoire malien.

Les premiers réfugiés ont commencé à fuir le Nord du Mali en janvier 2012, au début des combats entre islamistes et rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), d’un côté, et militaires maliens, de l’autre. L’exode s’est ensuite amplifié au fil des mois, parallèlement à la prise de contrôle des principales villes de la région par les différents groupes jihadistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Plus de six mois après l’intervention victorieuse des forces françaises et africaines, les groupes armés ont désormais quitté la zone mais beaucoup de réfugiés, eux, sont toujours installés dans leurs camps de fortune. D’après le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ils sont 175 000, dispersés entre la Mauritanie, le Niger, et le Burkina Faso. À ces personnes s’ajoutent environ 350 000 déplacés internes, qui ont fuit les combats au Nord pour s’installer dans le sud du pays, notamment à Bamako.

Parmi ces déracinés figurent de nombreuses personnes en âge de voter. Le 28 juillet, ils se rendront aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle. Comme leurs compatriotes, ils devront être majeurs et munis de leur carte électorale Nina, créée à partir du recensement administratif de la population effectué en 2010.

Pour ces citoyens à la situation particulière, des dispositions spéciales ont été prises. Les déplacés qui souhaitent voter ont par exemple vu leurs noms transférés des listes électorales de leurs communes d’origine à celles de leur communes de résidence.

Le problème de la distibution des cartes électorales

L’organisation du vote des réfugiés est un peu plus complexe. « Des accords ont été passés entre le gouvernement malien et les États qui accueillent nos compatriotes pour qu’ils puissent voter », indique un officiel bamakois. Le 28 juillet, et éventuellement le 11 août, date d’un probable second tour, des bureaux de votes seront donc installés à proximité des camps.

Les noms des réfugiés qui se sont enregistrés ont été transmis aux autorités maliennes pour que leurs cartes électorales soient envoyées au Burkina (3 500 votants), au Niger (4 200 votants) et en Mauritanie (11 400 votants). Mais dans les campements, comme sur le territoire malien, beaucoup craignent de ne pas recevoir le précieux sésame à temps. Toujours en cours, la distribution des fameuses cartes Nina doit durer jusqu’au 27 juillet.

Le HCR, qui gère en partie les camps de réfugiés maliens, comme celui de M’bera, en Mauritanie, appuiera le processus électoral. L’agence onusienne a déjà mené des campagnes de sensibilisation et d’information sur le scrutin. Le jour J, elle transportera les électeurs vers certains bureaux de vote. « Les réfugiés ont le droit de participer à cette élection, souligne Marie-Antoinette Okimba, représentante du HCR au Mali. Pour eux, voter est une façon de contribuer au retour de la paix dans leur région d’origine ». Conformément à la volonté de Bamako, certains pourront également se porter bénévole pour être agents électoraux. Comme n’importe quel autre citoyen malien.

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Benjamin Roger

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