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Burkina Faso : Blaise Compaoré suspend la mise en place du Sénat

L'article 37 de la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. © Olivier Morin/AFP

Le chef de l'État, Blaise Compaoré, a suspendu le projet de création du Sénat, a indiqué, lundi 12 août, la présidence du Burkina Faso. Il était soupçonné par l'opposition de vouloir modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat en 2015.

La réforme qui divise le Burkina Faso attendra. Selon un communiqué de la présidence, daté du lundi 12 août, Blaise Compaoré a décidé de suspendre le processus de mise en place du Sénat.

"Au regard des controverses et préoccupations relatives à la création du Sénat qui traversent les différentes composantes de la société burkinabè", le chef de l’État a demandé au Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, "de convoquer le comité de suivi et d’évaluation" des reformes politiques, indique le communiqué. "Un rapport d’étape circonstancié sur le processus d’opérationnalisation du Sénat avec des recommandations et propositions" est attendu au plus tard le 31 août.

>>>> Lire aussi : Les Burkinabè contre le projet de Sénat de Compaoré

Voté le 21 mai par l’Assemblée nationale mais pas encore promulgué, le texte législatif relatif à l’installation de la chambre haute est vivement dénoncé par l’opposition. Réunis derrière l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré, les adversaires de Blaise Compaoré manifestent régulièrement pour demander le retrait de la réforme. Ils dénoncent notamment le coût qu’engendrerait sa mise en place – entre 3 et 5 milliards de F CFA (entre 4,5 et 7,6 millions d’euros) par an pendant les premières années. L’opposition est surtout persuadée que le chef de l’État, arrivé au pouvoir en 1987, cherche à faire modifier l’article 37 de la Constitution – qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs.

Pour le moment, Blaise Compaoré reste secret sur ses intentions. Mais s’il souhaite se représenter en 2015, il devra recourir à un référendum ou, si le Sénat est finalement créé, obtenir le vote du Congrès (Assemblée nationale et Sénat). « Le Congrès disposera certainement d’une majorité qualifiée que le pouvoir n’a pas actuellement avec la seule chambre basse », s’inquiétait en juin Louis-Armand Ouali, député de l’UPC.

Car si la réforme prévoit qu’une majorité des sénateurs (60 sur 89 membres) seront issus des collectivités territoriales (39 élus) et de la société civile (21 représentants des autorités coutumières et religieuses, du patronat, des travailleurs et de la diaspora), les 29 restants devraient être nommés directement par le chef de l’État.

 

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