Syrie : des frappes aériennes sur Damas en préparation

Par Jeune Afrique

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, à Kuala Lumpur le 25 août 2013. © AFP

Le président Barack Obama "n'a pas encore pris sa décision", mais les États-Unis sont "prêts" à intervenir militairement contre le régime syrien, a annoncé, mardi 27 août, le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel.

Les lignes ont donc bien bougé. Frileux depuis le début de la guerre en Syrie, les États-Unis semblent  désormais prêts à mener une action militaire contre le régime de Damas. D’après le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, Washington a "positionné des éléments pour être capables de répondre à toute option choisie par le président". "Nous sommes prêts à y aller," a-t-il précisé.


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L’intervention serait limitée à une campagne ponctuelle de quelques jours de tirs de missiles de croisière Tomahawk depuis les quatre destroyers croisant au large de la Syrie, ont affirmé à l’AFP des responsables de l’administration Obama.

Toutefois, "le président n’a pas encore pris sa décision" formelle, ont insisté la Maison Blanche et le département d’État.

Washington a pour la première fois explicitement montré du doigt Damas, le vice-président Joe Biden déclarant que "les responsables de cet usage effroyable d’armes chimiques en Syrie ne font aucun doute : c’est le régime syrien".

Pas de troupes au sol

"Le président (Barack Obama) pense et je pense que ceux qui utilisent des armes chimiques contre des hommes, des femmes et des enfants sans défense doivent rendre des comptes", a martelé le numéro deux de la Maison Blanche.

Son gouvernement doit rendre publique cette semaine une partie d’un rapport des services de renseignement étayant la responsabilité syrienne. Les États-Unis ont toutefois exclu l’envoi de "troupes au sol". Washington souligne aussi que "les possibilités que nous examinons ne sont pas destinées à renverser le régime" du président Bachar al-Assad.

Car l’objectif de cette opération ne serait pas de modifier le rapport de forces entre la rébellion et les forces syriennes, mais de "dissuader" Damas de recourir de nouveau à son stock d’armes chimiques, ont expliqué des responsables américains.

Les alliés de Washington semblent sur la même ligne. Les forces armées britanniques se préparent à une action militaire, mais Londres assure également qu’il "n’essaierait pas de renverser" le président Assad. David Cameron a convoqué le Parlement jeudi pour voter "la réponse du Royaume-Uni aux attaques à l’arme chimique". L’idée est de "réduire les capacités d’utilisation" de cet arsenal, a indiqué David Cameron.

Paris s’est dit tout aussi "prêt" à intervenir militairement pour "punir" Damas qui a "gazé" son peuple. La France prendra sa décision "dans les prochains jours", a déclaré le président François Hollande, qui recevra jeudi le président de la Coalition nationale syrienne (opposition), Ahmad al-Jarba.

Une éventuelle frappe contre la Syrie est effectivement une "question de jours", a renchéri Ahmad Ramadan, dirigeant de cette Coalition de l’opposition. Il a fait état de "rencontres entre la Coalition, l’Armée syrienne libre (rébellion) et les pays alliés, où ont été discutées les cibles éventuelles", dont des aéroports, bases militaires et dépôts d’armes.

"Des moyens de défense"

"Nous avons des moyens de défense qui vont surprendre", a répondu affirmé le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. "Nous avons deux options : soit nous rendre, soit nous défendre (…) Le seconde alternative est la meilleure".

Selon lui, une intervention militaire "servira les intérêts d’Israël et en deuxième lieu du Front al-Nosra", groupe armé jihadiste combattant avec les rebelles et qui a prêté allégeance à Al-Qaïda. Walid Mouallem a aussi "mis au défi" les pays prêts à frapper "de montrer ce qu’ils ont comme preuves" du recours à des armes chimiques.

Principal allié de Damas, Moscou a estimé qu’une action armée aurait des conséquences "catastrophiques" pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Cela menacerait "la sécurité et la stabilité de la région", a ajouté l’Iran, qui soutient aussi la Syrie.

Dans le camp opposé, l’Arabie saoudite, qui appuie les rebelles, a appelé à une action "ferme et sérieuse" contre Damas, que la Ligue arabe a accusé d’être derrière l’attaque chimique du 21 août.

Lors d’une réunion à Amman de hauts responsables militaires occidentaux et de la région, le représentant jordanien a averti que son pays ne servirait pas de "rampe de lancement" à une opération armée.

Parallèlement, les experts des Nations unies devaient poursuivre, mercredi, leur enquête sur l’attaque chimique. Selon l’opposition, elle a cusé la mort de centaines de personnes le 21 août à Moadamiyat al-Cham et dans la Ghouta orientale, deux régions contrôlées par les rebelles à l’ouest et à l’est de Damas.

Lundi, les experts ont malgré des tirs sur leur convoi, les experts se sont rendus à Mouadamiyat al-Cham, où ils ont effectué, selon l’ONU, une collecte "productive" de preuves.

(Avec AFP)