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Sénégal : Aminata Touré, une justicière à la primature

Par Jeune Afrique

Aminata Touré, le 19 décembre 2012, à Dakar. © AFP

Le chef de l'État sénégalais, Macky Sall, a remercié, dimanche 1er septembre, son Premier ministre Abdoul Mbaye. Le jour même, il a nommé à sa place Aminata Touré, précédemment ministre de la Justice. Elle devient la deuxième femme chef de gouvernement de l'histoire du Sénégal.

Macky Sall a remercié sans préavis, dimanche 1er septembre, son Premier ministre, Abdoul Mbaye, sans donner d’explications. En poste depuis 17 mois, ce dernier quitte donc la primature en même temps que toute son équipe et paye probablement son manque de résultats.

Sans tarder, le chef de l’État a annoncé qu’Aminata Touré, ministre de la Justice sous Mbaye, prenait sa succession.

Quelques heures après l’annonce du limogeage d’Abdoul Mbaye et de son gouvernement, Aminata Touré, 50 ans, a été reçue au Palais présidentiel et a annoncé en sortant avoir été nommée Premier ministre. Elle est la deuxième femme à occuper ce poste au Sénégal après Mame Madior Boye, qui avait été chef de gouvernement de mars 2001 à novembre 2002.

Membre du parti présidentiel, l’Alliance pour la république (APR), Mimi Touré – comme la surnomme les Sénégalais – est proche de Macky Sall. Elle a joué un rôle important lors de la campagne présidentielle de 2012 et a, depuis, marqué l’action gouvernementale de sa patte, notamment dans le domaine de la lutte contre la corruption.

Le 1er septembre, Aminata Touré s’est immédiatement engagée à marquer son nouveau mandat par "l’accélération des actions qui ont été entreprises depuis l’année dernière". Il s’agit d’"une course pour le développement, pour l’amélioration des conditions d’existence" des Sénégalais "dans un contexte international marqué par la crise", a-t-elle déclaré.

Formée dans son pays et en France, cette diplômée d’économie a notamment travaillé pour des agences de l’ONU avant de s’engager en politique dans son pays. Aminata Touré, "la justicière" est, de longue date, une militante en faveur des droits de l’homme de longue date et célèbre au pays pour sa poigne tout comme son discours offensif.
Elle a entamé des consultations dimanche soir pour former son gouvernement, attendu pour les prochaines heures, avec pour mission de sortir de la crise le Sénégal, dont la majorité des quelque 13 millions d’habitants font face à la vie chère.

Affaire Habré et "traque des biens mal acquis"

Aminata Touré a eu à gérer des dossiers importants, notamment celle du procès d’Hissène Habré, l’ex-président tchadien réfugié au Sénégal depuis 1990, et celle de l’enrichissement illicite présumé de responsables de l’ancien régime, appelée "traque des biens mal acquis".

Hissène Habré est accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture durant ses huit ans de pouvoir au Tchad (1982-1990). Dakar et l’Union africaine (UA) ont signé en décembre 2012 un accord pour la création au Sénégal d’un tribunal spécial en vue de le juger. Aminata Touré a toujours jugé que "les Africains devaient être jugés en Afrique". Il a été arrêté le 30 juin et inculpé le 2 juillet, dans l’attente de son jugement.
Dans le cadre de la "traque des biens mal acquis", Karim Wade, fils, ex-conseiller et ex-ministre d’Abdoulaye Wade, a été inculpé par une juridiction spéciale et est incarcéré depuis le 15 avril, à Dakar.

Dans la même affaire, plusieurs responsables du parti de Wade ou de son régime – dont l’ex-mari de Mme Touré, l’ancien ministre Oumar Sarr – ont aussi été entendus par la gendarmerie ou la justice, tandis que plusieurs "opérateurs économiques" soupçonnés de malversations ont préféré "faire des transactions avec l’Etat", en remboursant des fonds publics, pour éviter des poursuites.

(Avec AFP)

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