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Un tribunal français refuse d’extrader Laurent Serubuga, ex-chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise

La justice française a refusé l'extradition de Laurent Serubuga. © AFP

Un tribunal français, celui de Douai, a rejeté, jeudi 12 septembre, la demande d'extradition d'un ancien responsable militaire rwandais, Laurent Serubuga, que le Rwanda souhaitait juger pour crimes génocidaires. La cour a ordonné sa remise en liberté.

Laurent Serubuga ne sera pas jugé au Rwanda. Du moins pas pour le moment. La justice française, plus précisément le tribunal de Douai, a refusé, jeudi 12 septembre, la demande du Rwanda d’extrader l’ex-colonel, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise, qui avait été interpellé le 11 juillet près de Cambrai, dans le nord de la France, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par le Rwanda pour son role présumé dans le génocide de 1994. La décision était auparavant attendue le 13 août, mais avait été repoussée.

Arrivé en France en 1998, le septuagénaire, atteint d’un cancer de la prostate selon son avocat Me Thierry Massis, faisait partie du groupe de 11 officiers – les "Camarades du 5 juillet 1973" – qui ont aidé le général major Juvénal Habyarimana à renverser le président Grégoire Kayibanda, au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962. Il aurait également été un des membres éminents de l’Akazu, le cercle restreint des intimes de la famille Habyarimana, et tout particulièrement de l’épouse du président défunt, et de ses frères, Protais Zigiranyirazo, Séraphin Rwabukumba et Elie Sagatwa.

"Aucune preuve"

Promu chef d’état-major adjoint de l’armée rwandaise, Laurent Serubuga avait été poussé à la retraite en juin 1992 mais aurait "repris du service en 1994", selon Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui s’est constitué partie civile en 2007, aux côtés de la FIDH, de l’association Survie et la Communauté Rwandaise de France, qui avaient déjà déposé une plainte, classée sans suite en 2001.

L’avocat de Laurent Serubuga a toujours réfuté cette accusation de planification de génocide, estimant qu’il n’y avait "aucune preuve". "Si Laurent Serubuga est extradé, de graves menaces pèseront envers sa personne en raison de ses origines hutues", expliquait-il également, le 13 août, ajoutant que "cette extradition ne sera pas conforme aux normes européennes des droits de l’homme, car le Rwanda ne les respecte pas."

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