Liberia : Charles Taylor purgera sa peine de prison au Royaume-Uni

Par Jeune Afrique

Charles Taylor, condamné à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité. © AFP

L'ex-président libérien Charles Taylor, condamné à cinquante ans de prison pour crimes contre l'humanité, purgera sa peine au Royaume-Uni, a annoncé jeudi le ministère de la justice britannique.

"Suivant une requête du président du TSSL (Tribunal spécial pour la Sierra Leone) adressée au Royaume-Uni, l’ancien président Taylor va désormais être transféré dans une prison en Grande-Bretagne pour y purger sa peine", a expliqué jeudi 10 octobre le secrétaire d’État à la justice, Jeremy Wright, dans une déclaration écrite au Parlement britannique. Le Royaume-Uni, ainsi que la Suède et le Rwanda s’étaient  proposés pour accueillir l’ancien président du Libéria Charles Taylor sur leur sol après la confirmation en appel le 26 septembre de sa condamnation à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité commis lors de la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002).

Ce jugement, rendu par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), a marqué la fin d’une affaire marathon qui durait depuis plus de sept ans contre l’ancien homme fort du Liberia. Charles Taylor, 65 ans, avait été reconnu coupable en avril 2012 d’avoir aidé et encouragé une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone en fournissant armes, munitions et autres aides logistiques au Front révolutionnaire uni (RUF) en échange de diamants. La guerre civile sierra-léonaise est l’une des plus horribles de l’histoire africaine récente, avec  quelque 120 000 morts et des milliers de civils mutilés.

Tournant

"La condamnation de Charles Taylor est un tournant pour la justice internationale. Elle démontre clairement que ceux qui ont commis des atrocités devront en rendre compte et ne bénéficieront d’aucune impunité, quel que soit leur rang", a rappelé Jeremy Wright.

Cette annonce intervient à la veille d’un sommet extraordinaire de l’Union Africaine à Addis Abeba, qui pourrait mener au retrait de certains pays africains de la Cour Pénale Internationale, chargée de juger les crimes contre l’humanité.