Liberia : Charles Taylor veut purger sa peine au Rwanda, pas en Grande-Bretagne

Par Jeune Afrique

L'ex-président du Liberia Charles Taylor, le 26 septembre 2013 à La Haye. © AFP

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) a décidé, mardi, de transférer Charles Taylor dans une prison britannique. Le Rwanda avait pourtant annoncé plus tôt avoir été approché par le TSSL, afin de permettre à l'ex-président libérien de purger sa peine dans le pays des Grands Lacs au lieu du Royaume-Uni.

Mis à jour le 15/10 à 14h30

Charles Taylor "a été transféré aujourd’hui des Pays-Bas et du Tribunal spécial vers le Royaume-Uni où il purgera le reste de sa peine de 50 ans pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité", a annoncé le TSSL dans un communiqué. Il est arrivé au Royaume-Uni à 12h heure locales.

L’ex-président libérien avait émis le souhait de purger sa peine en Afrique et plus précisément au Rwanda. Mais dans son communiqué, le TSSL a indiqué qu’"aucun autre pays n’a offert ou accepté d’appliquer les reste de sa sentence". Une déclaration surprenante, puisque les autorités rwandaises avaient annoncé un peu plus tôt avoir été approchées par le TSSL.

"Des responsables du TSSL ont déjà contacté des responsables rwandais pour leur demander quel serait le processus pour demander officiellement au Rwanda d’accueillir le prisonnier", a affirmé, mardi, le ministère rwandais de la Justice dans un communiqué.

"Taylor (…) a demandé à purger sa peine au Rwanda au lieu du Royaume-Uni, où, dit-il, il craint d’être attaqué par des co-détenus et qu’il revienne trop cher à sa famille de lui rendre visite", poursuit le ministère. Le gouvernement rwandais est prêt à "délibérer" de la question, une fois qu’une "requête officielle" lui aura été transmise, selon le communiqué.

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Charles Talyor en avait déjà fait la demande dans une lettre envoyée au TSSL. "J »estime que purger ma peine au Rwanda, dans le continent où je suis né, serait plus humain pas seulement pour moi, mais aussi pour ma famille", écrit-il dans cette lettre de trois pages, datée du 10 octobre, et consultée par la BBC.

"Mon nom est associé à des atrocités. Les autres détenues sont tentés de m’infliger leur propre justice en s’attaquant à moi", poursuit-il. Taylor précise "qu’il y a, dans les prisons britanniques, un certain nombre de détenus liés à la Sierra Leone". "En bref, en cas d’incarcération en Grande-Bretagne, je risque d’être rapidement blessé ou tué", conclu l’ex-président du Liberia.

Charles Taylor, âgé de 65 ans, avait été condamné en avril 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité commis lors de la guerre civile en Sierra Leone (1991-2002). Il a été reconnu coupable d’avoir aidé et encouragé une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone en fournissant armes, munitions et autre aides logistiques au Front révolutionnaire uni (RUF) en échange de diamants. La guerre en Sierra Leone a fait 120 000 morts et des milliers de civils mutilés.

(Avec agences)