Liberia : Charles Taylor est détenu à Frankland avec de « grands criminels », selon son épouse

Par Jeune Afrique

L'ex-président libérien Charles Taylor, le 26 avril 2012 à son procès à La Haye. © AFP

Jusque là tenu secret, le lieu de détention de Charles Taylor, condamné à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité pour son rôle pendant la guerre civile en Sierra Leone, a été dévoilé mercredi. Selon son épouse, l'ex-président libérien est incarcéré dans le nord-est de l'Angleterre, à Frankland, en compagnie de "grands criminels", a-t-elle dénoncé.

"[Charles Taylor] est incarcéré à la prison de Frankland", un centre pénitentiaire de haute sécurité près de Durham, a affirmé le 6 novembre, son épouse, Victoria Addison Taylor, dans un entretien avec un journaliste de l’AFP à Monrovia, donnant ainsi la première indication du lieu de détention de l’ex-président libérien, jusqu’alors tenu secret.

"Il a été emmené dans cette prison où des grands criminels, terroristes et autres criminels britanniques de droit commun sont détenus, et il est maintenant classé comme un prisonnier à haut risque. (…) Il est en train d’être humilié, et on ne peut pas traiter ainsi un ancien chef d’État", a dénoncé Victoria Addison Taylor, ajoutant qu’il est quotidiennement soumis à des fouilles au corps.

Elle a précisé recevoir des informations sur les conditions de détention de son mari à travers sa belle-fille, Charlène Taylor, née d’un précédent mariage et vivant en Grande-Bretagne. Charlène Taylor n’a cependant pas pu le voir et ne lui a parlé qu’une fois depuis qu’il est à Frankland.

La Grande-Bretagne ne confirme pas

Interrogé mercredi par l’AFP à Londres sur les déclarations de Victoria Addison Taylor, un porte-parole du ministère britannique de la Justice a répondu : "Nous ne confirmons pas les adresses des individus". Une source gouvernementale britannique a, elle, indiqué que Charles Taylor étant "un prisonnier condamné", il était traité comme tel, "il n’y a pas de traitement spécial qui lui est accordé à cause de son ancien statut".

Récemment à Monrovia, Cyril Allen, le chef du parti de Charles Taylor au Liberia a menacé de représailles les Britanniques vivant dans son pays. "S’ils essaient de rendre la situation de Taylor pénible là où il est, nous pouvons rendre le Liberia très pénible pour certains de leurs citoyens", avait-il menacé.

Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor, 65 ans, a été condamné pour crimes contre l’humanité pendant la guerre civile en Sierra Leone (mars 1991-début janvier 2002), qui a fait 120 000 morts et des milliers de civils mutilés.

>> Pour aller plus loin : lire notre dossier "Charles Taylor, itinéraire d’un tueur".

(Avec AFP)

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