Politique

Côte d’Ivoire : un journaliste assassiné, les pro-Gbagbo dénoncent un crime politique

Des Ivoiriens devant un kiosque à Abidjan. © AFP

Désiré Oué, rédacteur en chef de la revue "Tomorrow magazine", a été tué en fin de semaine dernière à Abidjan par des hommes armés non identifiés, a annoncé, mardi, le Syndicat de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synapp-CI). Pour les pro-Gbagbo, ce premier assassinat de journaliste depuis la crise postélectorale constitue un crime politique perpétré par des milices proches du pouvoir.

Une première depuis la fin de la crise postélectorale de 2010-2011. Le journaliste ivoirien, Désiré Oué, 40 ans, a été tué, en fin de semaine, à Abidjan. L’information a été donnée, le 19 novembre, par  le Syndicat de la presse privée de Côte d’Ivoire (Synapp-CI).

"Rédacteur en chef de la revue Tomorrow Magazine, Désiré Oué a été abattu dans la nuit du vendredi à samedi à son domicile par des hommes armés non identifiés", a expliqué Guillaume Gbato, le président du Synapp-CI.

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"Braquage" ou crime politique ?

"Quand il est rentré chez lui, il a surpris des brigands qui vandalisaient sa maison. (…) Tout été emporté chez lui, ce qui fait dire qu’il a été victime d’un braquage", a raconté à Afoussiata Bamba, la ministre de la Communication. "La victime, touchée d’une balle en pleine poitrine, est malheureusement morte des suites de ses blessures", a regretté la ministre, s’appuyant sur les résultats d’une enquête préliminaire.

Selon ses proches et collègues, Désiré Oué, ancien salarié de la RTI (radio-télévision publique), avait fait les frais d’une vague de licenciements ayant frappé les journalistes pro-Gbagbo dans les médias publics ivoiriens après la chute de l’ex-président Laurent Gbagbo en 2011.

"Cet assassinat dans l’exercice de ses fonctions est un très mauvais signal", a dénoncé, pour sa part, Guillaume Gbato, qui réclame une "enquête rigoureuse" afin d’identifier et d’arrêter les meurtriers.

D’après le bihebdomadaire satirique L’éléphant déchaîné, les deux tueurs qui l’attendaient à son domicile ont récupéré son ordinateur portable et d’autres documents. Notre Voie, un journal pro-Gbagbo, a qualifié l’assassinat de crime crapuleux des milices pro-Ouattara, ce qu’a formellement démenti la ministre de la Communication, arguant que la liberté de la presse était garantie par le régime actuel.

Un autre journaliste enlevé

Par ailleurs, Dieusmonde Tadé, journaliste du Nouveau réveil, le quotidien du PDCI (parti au pouvoir), été enlevé alors qu’il rentrait chez lui dans un taxi abidjanais, puis a été conduit dans un 4X4 à soixante kilomètres de la capitale économique ivoirienne, où il a été abandonné. "Il n’a pas indiqué avoir été frappé mais il est traumatisé", a regretté Patrice Yao, le directeur général du journal.

Dieusmonde Tadé avait reçu plusieurs menaces de mort après la publication d’un article impliquant un ex-chef de guerre de la rébellion pro-Ouattara devenu commandant dans l’armée régulière ivoirienne, selon le Synapp-CI.

"Il est désormais clair que les journalistes sont pris pour cible pour le travail qu’ils font. C’est inacceptable et nous ne l’accepterons pas", a réagi Guillaume Gbato, le président du Synapp-CI.

Mais la ministre Afoussiata Bamba a appelé à "tuer la psychose dans l’œuf" : "Ce sont deux faits qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, qui montrent qu’il faut mettre l’accent sur la sécurité de tous les citoyens, pas seulement des journalistes", a-t-elle affirmé.

(Avec AFP)

 

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