Centrafrique : dispositif sécuritaire renforcé après la reprise du couvre-feu

Par Jeune Afrique

Rassemblement anti-Dotodjia à Bangui, le 17 novembre 2013. © AFP/Pacome Pabandji

Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, a annoncé le rétablissement prochain d'un couvre-feu à Bangui et l'intensification des patrouilles.

Mis à jour le 23/11 à 11h10

Sous pression de la communauté internationale, consternée par la gravité de la situation en Centrafrique, le président de transition Michel Djotodia s’agite. Le dispositif sécuritaire a été renforcé samedi à plusieurs endroits de Bangui, après une nuit de calme relatif suite au rétablissement du couvre-feu par le président centrafricain Michel Djotodia, a constaté un journaliste de l’AFP.

Sur les principaux carrefours des quartiers Sica II, Ben-Zvi et Miskine (2e et 5e arrondissements), où des heurts entre civils et éléments de l’ex-rébellion Séléka ont eu lieu ces derniers jours, des éléments de gendarmerie ont été positionnés et durant tout la nuit, des patrouilles mixtes de policiers, de gendarmes et de soldats de la force africaine en Centrafrique (Misca) ont été organisées sur les principales artères.

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Plusieurs heures auparavant, des messages de la police avaient été diffusés sur la radio d’Etat pour mettre en garde contre la circulation des conducteurs des motos et taxis motos, soupçonnés de favoriser le banditisme armé, au-delà de 18H00.

Le président centrafricain Michel Djotodia a annoncé vendredi le rétablissement du couvre-feu de 22H00 à 06H00 du matin, levé en octobre à Bangui, face à une nouvelle vague de banditisme armé dans la capitale.

Ces violences dans la capitale avaient culminé dimanche dernier avec l’assassinat d’un haut magistrat, abattu par d’anciens rebelles. Le meurtre avait provoqué des heurts dans lesquels deux civils avaient été tués.

2 000 à 3 000 personnes, magistrats et avocats en tête, ont manifesté vendredi dans les rues de la capitale centrafricaine pour protester contre l’assassinat du magistrat, a constaté un journaliste de l’AFP.

Depuis le renversement en mars du régime de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka – dissoute en août – de M. Djotodia, la Centrafrique vit dans un climat d’insécurité généralisée, avec des violences quasi quotidiennes en province comme à Bangui.

Cette situation a poussé lundi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à envisager l’envoi de 6.000 Casques bleus, dans le cadre d’une éventuelle opération de maintien de la paix.

Dans certaines régions, ces violences ont pris un caractère intercommunautaire entre chrétiens et musulmans, amenant Washington et Paris à évoquer une situation "pré-génocidaire" ou un risque de "génocide" en Centrafrique.

(Avec AFP)