Mondial 2014 : un tirage au sort favorable – ou pas – aux sélections africaines

Au Brésil, les dieux du foot seront-ils avec les sélections africaines ? © AFP

Les cinq sélections africaines qualifiées pour la Coupe du monde (Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria) connaissent leurs adversaires pour le premier tour depuis vendredi 6 décembre. Et les chances d’accéder aux huitièmes de finale ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Décryptage du tirage au sort, du plus favorable au plus compliqué, avec les ex-internationaux Ali Fergani (Algérie) et Patrick Mboma (Cameroun).

La Côte d’Ivoire, enfin le second tour ?

En 2006 (Argentine, Pays-Bas, Serbie-Monténégro) et en 2010 (Portugal, Brésil, Corée du Nord), les Éléphants n’avaient pas vraiment été gâtés par le hasard. Cette fois-ci, les Ivoiriens sont tombés dans un groupe homogène (Colombie, Grèce, Japon), et leurs chances de passer le premier tour pour la première fois de leur histoire sont évidemment plus grandes. "Sur sa valeur, elle peut passer", note Ali Fergani. "L’ambiance à l’air bonne entre Sabri Lamouchi et son groupe. Mais malgré son potentiel, note-t-il, la Côte d’Ivoire s’est fait contrer lors du match retour face au Sénégal (1-1)", après avoir dominé le match aller (3-1).Pour Patrick Mboma, "les Ivoiriens peuvent même terminer en tête de leur groupe. Leur principal rival sera la Colombie. "Le Japon, qui est une bonne équipe, mais assez prévisible, et la Grèce, avec un jeu sans éclat, me semblent inférieurs."

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Nigeria – Argentine, un classico à portée de main

C’est devenu presque banal pour les Nigérians de croiser l’Argentine en phase finale, après 1994 (1-2), 2002 (0-1) et 2010 (0-1). "Les Argentins sont au-dessus du lot, mais le Nigeria a vraiment ses chances. Cela va à mon avis se jouer avec la Bosnie-Herzégovine pour la seconde place. Les Super Eagles possèdent un effectif sans star, mais très soudé", analyse Fergani. "Le titre de champion d’Afrique décroché en Afrique du Sud a donné beaucoup de confiance à cette sélection", intervient Mboma.

L’Algérie, difficultés et faux-semblants

Il y a ceux qui estiment que l’Algérie n’est pas si mal tombée avec la Russie, la Belgique et la Corée du Sud, et il y a les autres, beaucoup plus pragmatiques. "Dans mon pays, beaucoup de gens pensent que ce sera simple. Ils se trompent", prévient Ali Fergani. "La Belgique a une génération dorée avec plusieurs joueurs d’origine africaine comme Lukaku, la Russie est solide, et la Corée du Sud, avec ses joueurs vifs et explosifs, va nous poser des problèmes. En plus, "à six mois du Mondial, Vahid Halilhodzic a face à lui un souci majeur : la plupart de ses internationaux ne sont pas titulaires en club." Cela signifie que certains d’entre eux vont devoir bouger lors du mercato estival s’ils veulent avoir une chance de disputer la phase finale. On a une équipe avec des qualités, mais hormis Bougherra, cela manque de leaders…" Mboma, lui, est plus catégorique dans son jugement. "Ce serait une énorme surprise que l’Algérie passe, face à de tels adversaires dont un – la Belgique – est un demi-finaliste en puissance…"

>> Lire l’interview de Rabah Saadane : "L’Algérie de 2013 est plus forte individuellement, mais elle manque de leaders" 

Fenêtre étroite pour le Cameroun

Tomber dans le groupe du Brésil (avec la Croatie et le Mexique), dont le statut de favori naturel est décuplé par sa qualité de pays organisateur, n’est pas un cadeau pour les Lions Indomptables. "Il faudra bien négocier le premier match face au Mexique (le 13 juin). Je pense que le Cameroun a les moyens de se qualifier avec le Brésil. J’espère aussi que tout le programme de préparation sera rapidement connu, et que nous laisserons les problèmes habituels de côté", insiste Mboma, beaucoup plus optimiste que Fergani sur l’avenir brésilien de ses compatriotes. "Ils vont souffrir. La qualité existe, mais il y a pas mal de joueurs un peu vieillissants", note l’Algérien. "J’espère pour le Cameroun qu’il ne va pas encore se disperser avec des problèmes de primes, ce qui arrive souvent…"

Miracle attendu pour le Ghana ?

En 2006 (huitième de finaliste), puis en 2010 (quart de finaliste), le favori des lecteurs de Jeune Afrique, le Ghana, avait franchi le premier tour. "Cette fois-ci, je n’y crois pas du tout", tranche Mboma. "Avec l’Allemagne, qui est pratiquement ce qui se fait de mieux au monde actuellement, le Portugal de Cristiano Ronaldo et même les États-Unis, la meilleure équipe de la Concacaf, sincèrement, cela me semble trop relevé." Même constat pour Fergani. "Malgré tout son potentiel, le Ghana ne me semble pas pouvoir rivaliser avec les Allemands et les Portugais…"

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