Israël : des migrants en colère marchent vers Jérusalem

Des migrants subsahariens sur les routes israéliennes. © Reuters

À peine mis en service, le centre de "détention ouvert" israélien fait déjà parler de lui. Lundi matin, environ 150 migrants ont quitté le camp, situé dans le désert du Néguev, et entamé une marche vers Jérusalem. Leur objectif : protester contre la nouvelle législation israélienne qui autorise la détention des clandestins sans jugement pendant un an.

Le "centre de détention ouvert", mis en service par les autorités israéliennes jeudi 12 décembre, n’aura pas tardé à faire parler de lui. Lundi 16 décembre, des détenus ont protesté contre la nouvelle législation israélienne sur l’immigration, adoptée mardi 10 décembre, et ont quitté le camp auquel ils venaient d’être intégrés pour entamer une marche vers Jérusalem.

"Ils ne cherchent pas à échapper aux autorités", a indiqué à l’agence Reuters un militant prenant part à la marche, "leur objectif est d’atteindre la Knesset, de demander leur liberté et d’être reconnus comme réfugiés". L’un des marcheurs, Moubarak Ali, a quant à lui déclaré à la radio israélienne, "Nous voulons qu’ils sachent que nous sommes encore dans une prison même s’ils l’appellent détention ouverte".

"Pointage" trois fois par jour

Le nouveau texte, contre lequel protestent les marcheurs, permet notamment aux autorités israéliennes de placer en détention les clandestins illégaux pendant un an, sans procès. Il instaure également ce fameux système de "centres de détention ouverts", dont le principe est de permettre aux migrants de circuler librement la journée, tout en étant tenus de dormir dans un centre la nuit, de 22h à 6h du matin. Néanmoins, les pensionnaires du centre sont tenus d’y "pointer" trois fois par jour, matin, midi et soir, le ministère s’assurant ainsi qu’ils ne puissent pas travailler illégalement à l’extérieur.

Plus d’infos sur la nouvelle législation israélienne sur l’immigration >> Israël invente les centres de détention "ouverts" pour éloigner les immigrés de ses villes

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Par Mathieu OLIVIER