Claude Le Roy : « Le Congo est un choix sportif, pas financier »

Claude Le Roy est le sélectionneur des Diables rouges depuis le 5 décembre. © AFP

Claude Le Roy est depuis le 5 décembre le nouveau sélectionneur des Diables rouges du Congo. Le technicien français (65 ans), qui était pourtant annoncé au Mali, explique les raisons de ce choix, et détaille ses objectifs.

Jeune Afrique : depuis quelques semaines, votre nom circulait principalement au Mali, et c’est avec le Congo que vous vous êtes engagé. Comment ce choix s’est-il opéré ?

Claude Le Roy : Depuis mon départ de RDC en juin dernier, j’ai eu un certain nombre de contacts : Mali, Guinée équatoriale, Tunisie, Hongrie, et des clubs en Chine, dans le Golfe persique et au Maghreb. Je ne voulais pas me précipiter. Et je ne vais pas vous cacher que l’Afrique était une priorité. C’est mon agent (Gaël Mahé) qui a eu les premières discussions avec le Congo. Et c’est quelques jours avant de signer mon contrat que j’ai eu des contacts directs.

Pourquoi le Congo ?

Parce c’est un vrai pays de foot. Et je suis persuadé qu’il a un avenir intéressant. Dans les années soixante-dix, le Congo était une des meilleures sélections d’Afrique (vainqueur de la CAN en 1972, NDLR). Ces derniers mois, il y a eu des évolutions très positives, notamment avec le club de l’AC Léopards, qui a remporté la Coupe de la confédération en 2012, et la sélection des moins de 20 ans, qui s’est imposée lors des derniers Jeux de la Francophonie à Nice en septembre. Nous avons un premier objectif, c’est la qualification pour la CAN 2015 au Maroc. Les Diables rouges n’ont plus pris part à la phase finale depuis 2000. On sait que ce sera difficile, car le Congo est 91e du classement Fifa, et que nous risquons de tomber dans un groupe difficile.

Je suis persuadé que le pays a un avenir intéressant

Que savez-vous du potentiel de cette équipe ?

Il y a des joueurs qui évoluent dans de bons clubs, comme Ndinga (Olympiakos Le Pirée, Grèce), Prince Oniangué (Reims, France), Samba (Dynamo Moscou, Russie), Douniama (Guingamp, France), et d’autres en Belgique, en Suisse ou en Slovaquie. Et au Congo, il y a des joueurs intéressants. Sébastien Migné, mon adjoint, est au Gabon pour assister à la Coupe de la Cemac. Et nous irons en Afrique du Sud en janvier pour observer l’équipe locale lors du Chan (11-31 janvier). Je vais m’installer à Brazzaville le 3 janvier. Je vais rencontrer les entraîneurs locaux, car je sais qu’un travail de détection des jeunes a été mis en place. Nous allons approfondir tout cela, observer des matches, et aller rendre visite aux cadres de la sélection qui jouent en Europe.

S’agit-il pour vous de votre dernier contrat ?

Non. J’ai soixante-cinq ans, je pense que je vais entraîner pendant encore quatre ans. J’ai signé deux ans au Congo, et je vais peut-être terminer ma carrière là-bas… J’ai fait un choix sportif, pas financier. J’aurais pu gagner plus en allant dans le Golfe, par exemple. Mais j’ai préféré le Congo, et je suis très enthousiaste à l’idée de débuter ma mission…
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Propos recueillis par Alexis Billebault

 

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