Mali : arrestation d’Aliou Touré, ex-chef de la police islamique de Gao

Écrit par J.A. avec AFP

Lors d'une patrouille de la police islamique à Gao, en juillet 2012. © AFP

Aliou Mahamar Touré, influent membre du Mujao et ancien chef de la police islamique de Gao, a été arrêté, lundi, par une patrouille de l'armée malienne près du cercle de Bourem. Il avait ordonné, voire lui-même pratiqué, de nombreuses amputations sur des civils lors de l'occupation de la ville par le groupe jihadiste, en 2012.

Aliou Mahamar Touré, un des responsables du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et ancien chef de la police islamique de Gao, a été arrêté, lundi, 23 décembre par des soldats maliens dans le secteur du cercle de Bourem.

Selon un représentant de l’armée malienne interrogé par l’AFP, Aliou Touré, accusé d’avoir commis de nombreuses exactions, a été intercepté par les forces armées maliennes (FAMA) après des échanges de coups de feu. "Il a ouvert le feu pour nous empêcher de l’arrêter, nous avons riposté et il a été arrêté, Il n’est pas blessé et est actuellement en route pour Bamako, sous bonne garde", a précisé cette source.

Amputations et coups de fouet

Donné pour mort, blessé ou en fuite vers un pays voisin du Mali, Aliou Mahamar Touré était un pilier du Mujao. Pendant les dix mois d’occupation de Gao par les groupes jihadistes, cet ancien chef de la police islamique locale n’hésitait pas à faire appliquer la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur. Il est accusé d’avoir lui-même procédé à plusieurs amputations de voleurs présumés et d’avoir fouetté en public des femmes qui ne portaient pas le voile islamique.

Originaire de Gao, il était le Malien le plus gradé dans les rangs des islamistes armés. "C’était la ‘main coupante’ du Mujao, celui qui ordonnait et effectuait les amputations, souligne le colonel Diarran Koné, porte-parole du ministère de la Défense joint par Jeune Afrique. Son arrestation est donc une satisafaction, mais il ne faut pas tomber dans le triomphalisme : la plupart des cerveaux du Mujao sont toujours en liberté."

(Jeune Afrique avec AFP)