Centrafrique : l’armée française sécurise les quartiers sensibles de Bangui

Par Jeune Afrique

Une patrouille de l'armée française aux alentours de Bangui. © AFP

Vingt-quatre heures après des tirs indéterminés entendus mercredi à Bangui, l'armée française a lancé une opération de sécurisation dans le quartier de Gobondo, situé près de l'aéroport, et celui de Pabondo, dans le sud de la capitale centrafricaine. Les autorités religieuses du pays appellent, elles, l'ONU à déployer "de toute urgence" une opération de maintien de la paix.

Mis à jour le 26/12 à 17 heures 35.

Après une journée de Noël marquée par des tirs d’origine indéterminée dans la capitale centrafricaine, les soldats de l’opération Sangaris se sont déployés à l’aube pour sécuriser les quartiers de Gobongo, proche de l’aéroport dans le nord de Bangui, et à Pabongo, un quartier sud de la ville.

"Le but est de dissuader", a expliqué l’un des patrons de l’opération Sangaris, le lieutenant-colonel Sébastien Pelissier. "Ce déploiement appuyé" est une opération "ponctuelle" qui mobilise environ 600 hommes, selon l’officier, avec une "concentration des efforts sur les quartiers qui ont subi le plus de violences ces derniers jours".

Depuis mercredi, "une dizaine de corps ont été ramenés par la Croix rouge" à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui, le principal établissement hospitalier de la ville, a déclaré une source hospitalière sous couvert d’anonymat, ajoutant que l’hôpital avait également reçu 46 blessés, par balle ou par arme blanche.

Calme précaire à Bangui

Un calme précaire est effectivement revenu dans la ville. Les artères menant à l’aéroport sont largement investies par les véhicules blindés français, alors que les soldats français mènent des opérations de fouille dans la zone.

Des tirs sporadiques ont un moment été signalés dans le 5e arrondissement, dans le centre, mais ont cessé avec l’arrivée de militaires burundais et le survol d’un hélicoptère français.

À Gobongo, et dans des quartiers voisins, les habitants recommencent à sortir prudemment ou à rentrer chez eux après avoir fui par centaines vers l’aéroport voisin, où s’agglutinent déjà dans la plus grande précarité des dizaines de milliers de déplacés.

Selon Médecins sans frontières (MSF), 36 blessés, par balle et par arme blanche, ont été amenés depuis mercredi soir à l’hôpital communautaire, principal établissement hospitalier de Bangui. Un habitant du PK5, un quartier mixte à dominante musulmane près de l’aéroport, a indiqué que les corps de plusieurs personnes, tuées par des "anti-balaka" infiltrés dans le secteur, ont été rassemblés dans une mosquée.

Une opération de maintien de la paix à déployer de "toute urgence"

Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l’imam Omar Kobine Layama ont appelé l’ONU à déployer "de toute urgence" une force de maintien de la paix.

Les "progrès réalisés" depuis le déploiement des 1 600 soldats français début décembre, en soutien aux 4 000 de la Misca, sont "fragiles, et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules", selon les deux hommes, qui ne cessent d’appeler à la réconciliation depuis des mois.

La Centrafrique "reste au bord d’une guerre aux aspects religieux", et "nous craignons que faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres", ont-ils prévenu de nouveau.

Un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province, dans les attaques des milices "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et dans les représailles de la Séléka contre la population.

(Avec AFP)

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici