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Afrique du Sud : le rachat de Adcock Ingram par CFR Pharmaceuticals dans une impasse

Par Jeune Afrique

En 2012, Adcock Ingram a enregistré un chiffre d'affaires de 4,6 milliards de rands (environ 530 millions de dollars). © Loïc Venance/AFP

Le rachat du groupe pharmaceutique sud-africain Adcock Ingram par l'entreprise chilienne CFR Pharmaceuticals est dans une impasse. Public Investment Corp. (PIC), premier actionnaire d'Adcock avec 14% des actions, s'est déclaré opposé à l'offre. 

Mise à jour du 07 novembre 2013 : Public Investment Corp. (PIC), l’influent fonds de pension des salariés du secteur public d’Afrique du Sud, par ailleurs premier actionnaire d’Adcock avec 14% des actions s’est déclaré opposé à l’offre de la société chilienne CFR Pharmaceuticals (CFR) de rachat du groupe sud-africain Adcock Ingram Holdings.

Dans son communiqué, PIC dit ne pas pouvoir « soutenir l’ offre en numéraire et actions tel qu’elle est actuellement structurée ». CFR dispose déjà du soutien d’un groupe d’actionnaires représentant 45% de Adcock, loin des 75% nécessaires à la réalisation de l’opération.

Selon un communiqué publié le 11 septembre sur le site internet de l’entreprise, l’offre approuvée par le conseil d’administration d’Adcock Ingram inclut le rachat en numéraire de 51% à 64,3% de son capital ainsi que la conversion des parts restantes en actions nouvelles de CFR. La transaction est estimée à 12,6 milliards de rands (1,3 milliard de dollars). C’est une excellente opération pour le groupe chilien qui, après le rachat du laboratoire franco-colombien Lafrancol en août 2012, poursuit son expansion dans les pays émergents. En effet, Adcock est l’un des leaders sur le marché des médicaments en vente libre et l’un des principaux fournisseurs de produits hospitaliers et de soins intensifs en Afrique australe.

Préférence « locale »

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Le groupe latino-américain ne partait pas favori. Une précédente offre de rachat non-contraignante, déposée en juillet 2013, avait soulevé de fortes contestations parmi les actionnaires d’Adcock Ingram. En cause : des indicateurs financiers jugés défavorables au groupe chilien : taux d’endettement plus élevé, marges bénéficiaires et rendement sur fonds propres plus faibles, risque de change prononcé en cas de retournement de la valeur du rand. Autre facteur décisif : la préférence pour des investisseurs « locaux » exprimée par Public Investment Corp. (PIC), l’influent fonds de pension des salariés du secteur public, par ailleurs premier actionnaire d’Adcock.

Par conséquent, CFR a dû renforcer son offre en acceptant notamment de « transférer des unités de production en Afrique du Sud » et de poursuivre l’engagement d’Adcock Ingram en faveur du Broad-Based Black Economic Empowerment – politique visant à inclure les populations historiquement désavantagées lors de l’apartheid dans le développement économique du pays. Dans leur déclaration conjointe, les deux entreprises se félicitent de cet accord qui devrait « créer une société pharmaceutique unique et diversifiée capable de cibler un marché de plus de deux milliards de patients à travers l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’Inde ».

400 millions d’euros d’économies

La nouvelle entreprise affichera un chiffre d’affaires combiné d’environ 12,1 milliards de rands (soit près de 1,3 milliard de dollars) pour des actifs estimés à 215 milliards de rands (environ 21,5 milliards de dollars). CFR espère également réaliser au moins « 400 millions de dollars d’économies grâce aux synergies et aux gains de productivité » générés par ce rapprochement.

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