Politique

Burundi : quand le président Nkurunziza s’immisce dans les affaires de l’Uprona

Pierre Nkurunziza, le président burundais. © AFP

L'Union pour le progrès national (Uprona), principal allié du CNDD-FDD, au pouvoir au Burundi, est au bord de l'explosion. À la manœuvre, le camp du président Pierre Nkurunziza déterminé à affaiblir une formation politique qui s'est prononcée contre un troisième mandat de son champion.

Ils ont dirigé le Burundi avec Pierre Nkurunziza, mais ils ne sont pas prêts à lui laisser briguer un troisième mandat. Depuis la destitution du vice-président, Bernard Busokoza, début février, l’Union pour le progrès national (Uprona), principal allié du Conseil national de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratisation (CNDD-FDD, parti au pouvoir), se range dans le camp de l’opposition. Conséquence : ses ministres ont quitté le gouvernement. Des départs qui portent un coup dur au processus de stabilisation politique entamé en 2000 par la signature de l’accord de paix d’Arusha.

Mais le président burundais, dont le second mandat constitutionnel expire en juin 2015, n’a pas encore dit son dernier mot. "Pierre Nkurunziza joue désormais la carte de l’implosion de l’Uprona pour baliser la voie de sa représentation au prochain scrutin", explique un observateur avisé de la vie politique burundaise. Concrètement, le camp au pouvoir voudrait "placer à la tête de l’Uprona des membres acquis à sa démarche de révision constitutionnelle, précise-t-il. Il a commencé par désigner au poste de premier vice-président de la République un membre impopulaire au sein du parti".

>> Lire aussi : Pierre Nkurunziza : "Si on me le demande, je me représenterai".

Des policiers ont ensuite été dépêchés le 16 février au siège de l’Uprona pour bloquer toute entrée dans la "permanence du parti". Des manifestants trouvés sur le lieu ont été dispersés sans ménagement par la police.

"La rupture consommée entre CNDD-FDD et l’Uprona"

Seulement voilà, l’Uprona ne compte pas se laisser intimider. Après le limogeage de son président par le ministre de l’Intérieur, le Congrès du parti a reconduit, le même 16 février, Charles Nditije aux affaires. Celui-là même qui s’est prononcé ouvertement contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza. "La rupture est consommée, soutient une source diplomatique à Bujumbura. Le CNDD-FDD cherche désormais à créer une aile au sein de l’Uprona pour servir sa cause."

Dans cette perspective, le parti au pouvoir mise sur Concilie Nibigira, ancienne vice-présidente de l’Uprona, qui semble rouler pour le président Nkurunziza, selon plusieurs sources concordantes. C’est elle qui serait à la tête de la nouvelle branche du parti qui tient à poursuivre, coûte que coûte, son alliance avec le CNDD-FDD. Elle s’est même autoproclamée nouvelle présidente de l’Uprona. Au grand dam de ses anciens compagnons de lutte qui la considèrent désormais comme une "traitre".

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Par Trésor Kibangula

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