Centrafrique : des soldats tchadiens de la Misca quittent Bangui

Par Jeune Afrique

Des soldats tchadiens sur une base militaire à Bangui le 4 avril 2014. © AFP

Le départ des premiers soldats tchadiens de la Misca devait débuter vendredi. Quelques centaines d'hommes basés à Bangui sont concernés.

Les premier soldats tchadiens devaient quitter Bangui vendredi 4 avril en fin de journée, au lendemain de l’annonce du Tchad de se retirer de la Misca, la force africaine. "Quelques centaines centaine d’hommes", a précisé la Misca. Certains par avion militaire, d’autres par la route.

La grande partie du contingent tchadien (entre 850 et 950 hommes) se trouvent dans le nord et l’est de la Centrafrique. "Ceux-là vont être retirés progressivement après leur relève", explique la Misca.

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La décision de N’Djamena est intervenue après que la présidente de la transition centrafricaine a décidé d’ouvrir une enquête sur une tuerie à Bangui ayant impliquée des soldats tchadiens. Vendredi, l’ONU a directement mis en cause l’armée tchadienne. "Dès que le convoi de l’armée nationale tchadienne a atteint la zone de marché du (quartier) PK12, ils auraient ouvert le feu sur la population sans qu’il y ait eu de provocation", a déclaré à Genève un porte-parole de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, présentant aux médias les premiers résultats des enquêteurs des Nations unies sur l’incident.

"Alors que les gens fuyaient dans la panique dans toutes les directions, les soldats ont continué à tirer de façon indiscriminée", a-t-il ajouté. Les enquêteurs de l’ONU se sont rendus sur les lieux des faits, une zone de marché, ainsi que dans deux centres médicaux où ils ont parlé avec des blessés.

"Pourquoi ont-ils commencé à tirer ? Ce n’est pas clair", a-t-il indiqué, répondant à plusieurs questions des médias sur ce sujet. Il semble que les tirs aient cessé lorsque des troupes congolaises sont arrivées, a-t-il dit. Le Tchad a, de son côté, déclaré avoir réagi en état de légitime défense après être tombé dans une embuscade de miliciens anti-balaka.

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Selon les premiers résultats de l’enquête, au moins 30 personnes ont été tuées et au moins 300 autres blessées, dont des enfants, des handicapés, des femmes enceintes et des personnes âgées.

Il a précisé que les soldats tchadiens impliqués étaient des membres de "l’armée tchadienne", et non pas de la Misca.

Selon les informations recueillies par les enquêteurs de l’ONU, "il semble que l’action des forces tchadiennes a été totalement disproportionnée, puisqu’ils ont tiré sur un marché bondé de civils non armés", a insisté Rupert Colville.

Le porte-parole a également estimé que le nombre de soldats tchadiens impliqués ne devait pas être très élevé et que ces individus "avaient dû repartir directement" dans leur pays.

Rupert Colville n’a pas souhaité faire de commentaire sur le retrait du contingent tchadien, mais il a souligné que "des soldats tchadiens (qui n’appartiennent pas à la Misca) ont déjà opéré en Centrafrique. Dans beaucoup de cas, ils ont sauvé des vies, ils ont évacué des Tchadiens et d’autres musulmans vers le Tchad".

(Avec AFP)