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Rwanda : la France annule sa participation aux commémorations du génocide

Par Jeune Afrique

Le président rwandais, Paul Kagamé. © Vincent Fournier/JA

Christiane Taubira devait représenter la France lors des commémorations du génocide, lundi 7 avril. Mais suite aux déclarations du chef de l'État rwandais, Paul Kagamé, dans Jeune Afrique, la France a décidé d'annuler sa participation à ces cérémonies, attendues et préparées de longue date à Kigali.

Mis à jour le 06/04 à 12h.

À la veille du vingtième anniversaire du déclenchement du génocide au Rwanda, le chef de l’État Paul Kagamé a accordé une interview à Jeune Afrique, dans son édition n° 2778, en kiosques du 6 au 13 avril. Il y évoque, entre autres sujets, la relation douloureuse qu’a entretenu son pays avec la France et expose sans ambiguïté le rôle qu’il estime être celui de cette dernière dans le génocide.

"Les puissances occidentales aimeraient que le Rwanda soit un pays ordinaire, comme si rien ne s’était passé, ce qui présenterait l’avantage de faire oublier leurs propres responsabilités, mais c’est impossible. Prenez le cas de la France. Vingt ans après, le seul reproche admissible à ses yeux est celui de ne pas en avoir fait assez pour sauver des vies pendant le génocide", nous a-t-il déclaré le 27 mars dernier. "C’est un fait, mais cela masque l’essentiel : le rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même."

Paul Kagamé estime également que la responsabilité des soldats français va plus loin que ce que la France a toujours admis. "Interrogez les rescapés du massacre de Bisesero en juin 1994 et ils vous diront ce que les soldats français de l’opération Turquoise y ont fait. Complices certes, à Bisesero comme dans toute la zone dite ‘humanitaire sûre’, mais aussi acteurs."

Suite à ces déclarations, la France a décidé, samedi 5 avril, d’annuler sa participation officielle aux commémorations du génocide, qui doivent débuter lundi. Elle devait y être représentée, entre autres, par Christiane Taubira, ministre de la Justice.

La une du J.A. n° 2778 (cliquer sur l’image pour accéder au sommaire du numéro) :

 

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