À l’ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

Par Jeune Afrique

Le conseil de sécurité de l'ONU, à New-York. © AFP

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec les groupes armés du Nord du pays.

Présent mercredi 22 avril au Conseil de sécurité des Nations unies, à New-York, à l’occasion de consultations sur le Mali, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a souligné la volonté de son gouvernement de parvenir rapidement à des négociations avec les groupes armés du Nord du pays.

"Je réitère l’engagement du gouvernement du Mali à vraiment ouvrir le dialogue, a déclaré à la presse le ministre à sa sortie du Conseil de sécurité. Nous espérons que dans les jours à venir nous allons pouvoir aller très vite dans le processus de négociation, avec les bons offices de l’ONU et des pays voisins."

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Bamako nomme un négociateur en chef

Il a par ailleurs rappelé la récente nomination par Bamako de Modibo Keïta, ancien Premier ministre, en tant que haut représentant du président Ibrahim Boubacar Keïta pour le dialogue inclusif inter-malien. Abdoulaye Diop a également souligné la volonté de son gouvernement d’élargir ce dialogue à toutes les composantes de la société civile au nord du Mali. "Il ne peut y avoir de solution durable aux problèmes de sécurité dans le Nord sans un processus politique inclusif, ouvrant la voie au rétablissement de l’ordre public, à l’accès égal de tous les Maliens aux services publics et à la réconciliation entre les communautés", a déclaré le chef de la diplomatie malienne dans son discours devant le Conseil.

Dans une déclaration unanime publiée à l’issue de leurs consultations, les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation devant le manque de progrès des négociations entre Bamako et les rebelles du Nord. Ils ont demandé aux deux camps de se mettre d’accord d’urgence sur une feuille de route pour assurer le succès des négociations.

"Le train de la paix a définitivement quitté la gare"

Abdoulaye Diop a par ailleurs lancé un appel aux pays membres à fournir à la Minusma (Mission de l’ONU au Mali) des moyens supplémentaires, dont des hélicoptères d’attaque et de transport. Bert Koenders, représentant spécial de l’ONU au Mali, a indiqué de son côté que le gouvernement néerlandais allait fournir à la Minusma trois hélicoptères d’attaque Apache qui arriveront en mai, suivis en septembre ou octobre par des hélicoptères de transport. Pour le patron de la Minusma, "un dialogue politique inclusif reste la première priorité et il doit impérativement démarrer dans les meilleurs délais". Selon lui, il est également "urgent d’avoir une feuille de route consensuelle qui se traduise en actions concrètes de la part du gouvernement, des mouvements et de la société civile".

"Le train de la paix a définitivement quitté la gare et il ne pourra pas faire marche arrière", a insisté Bert Koenders devant le Conseil. Il a cependant lui aussi estimé que la sécurité dans le Nord restait "très fragile". Un Casque bleu guinéen de la Minusma a été blessé mercredi matin près de l’aéroport de Kidal par un engin artisanal qui a explosé au passage de son véhicule.

(Avec AFP)