États-Unis : Frazier Glenn Miller, le suprémaciste blanc du KKK qui aimait les travestis noirs ?

Le suprémaciste blanc, Frazier Glenn Miller. © Reuters

Il est suprémaciste blanc, fondateur d'une branche du Ku Klux Klan en Caroline du Nord, a été informateur du FBI et est accusé d'un triple meurtre. Des investigations qui ont fait ressurgir un vieux dossier : son arrestation en compagnie d'un prostitué noir et travesti. Qui est vraiment Frazier Glenn Miller ?

Frazier Glenn Miller est l’un des suprémacistes blancs les plus connus des États-Unis. Et il n’a pas fini de faire parler de lui. À 73 ans, l’ancien "grand dragon" de la branche du Ku Klux Klan de Caroline du Nord, ouvertement raciste et antisémite depuis des décennies, est actuellement accusé d’avoir tué trois personnes à l’extérieur d’un centre juif à Overland Park, dans le Kansas.

De plus, à l’occasion de cette interpellation, un vieux souvenir a refait surface. Celui d’une de ses précédentes arrestations, quelque peu embarrassante pour quelqu’un dans son genre : à l’arrière d’une voiture, en compagnie d’un prostitué noir et travesti. "Au cours de leur enquête, les autorités ont appris les détails sur une arrestation en 1986", explique ainsi le site ABC News qui ajoute : "Les policiers de Raleigh l’ont surpris sur le siège arrière d’un véhicule, avec un prostitué noir se faisant passer pour une femme".

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"C’était assez choquant", explique l’ancien procureur Douglas McCullough, aujourd’hui juge à la Cour d’appel de Caroline du Nord, qui se refuse toutefois à commenter "les détails", "plutôt salaces". "Je suis sûr que Miller ne sera pas très heureux que tout cela ressorte maintenant", ajoute le magistrat. L’accusé s’est contenté d’offir une version différente, assurant qu’il avait invité le travesti en question afin de le tabasser. "Je crois que les gens pourront se faire leur propre idée", conclut le procureur.

Informateur du FBI

Frazier Glenn Miller avait pourtant tenté de s’éloigner des projecteurs, en tournant, officiellement, le dos à la cause suprémaciste depuis 1987. Il avait alors négocié un accord avec le FBI contre une remise de peine dans une affaire de menaces racistes et possession de grenades. Le Bureau lui avait même fourni une nouvelle identité, ainsi qu’un nouveau numéro de sécurité sociale lors de sa remise en liberté en 1990, après qu’il a purgé sa peine de trois ans.


Une affiche réclamant la capture de Frazier Glenn Miller, en 1987.

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Depuis, l’ancien "dragon" s’était surtout borné à des publications suprémacistes, tentant de relancer le mouvement et s’associant notamment au "Vanguard News Network", site antisémite dirigé par le néo-fasciste Alex Linder.

Les quelques témoignages qu’il a pu apporter au FBI au cours des années qui ont suivi sa libération risquent de ne pas lui suffire dans l’actuelle affaire d’Overland Park. "Sa motivation était d’attaquer un centre juif ", même si aucune des victimes n’était réellement juive, a ainsi accusé le procureur Barry Grissom le lendemain de l’arrestation de Miller, le 14 avril. "Nous sommes très confiants quant au fait de prouver qu’il est coupable", a encore estimé le magistrat, cité dans le New York Times. "D’autant", conclut le quotidien américain, "que Miller aurait apparemment crié ‘Heil Hitler !’ depuis l’arrière d’une voiture de police…"

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Par Mathieu OLIVIER

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