RDC – Procès de Minova : la justice acquitte la quasi-totalité des soldats accusés de viol

Par Jeune Afrique

Des soldats de l'armée de la RDC dans le Nord-Kivu. © AFP

Le verdict est tombé lundi dans le procès très médiatisé de Minova. Contre toute attente, la justice militaire congolaise (RDC) a acquitté la quasi-totalité des soldats soupçonnés de viols massifs commis en novembre 2012. Seuls trois militaires ont été condamnés.

Le procès de Minova n’a accouché que de "trois condamnations pour viol". Dans son arrêt prononcé le 5 mai, la cour militaire du Nord-Kivu a condamné un lieutenant colonel des FARDC (armée gouvernementale) et un sous-officier à la perpétuité pour viol et meurtre, et un caporal à dix ans d’emprisonnement pour viol.

Vingt-deux autres sous-officiers ou soldats ont été acquittés des accusations de viols portées contre eux, mais condamnés à des peines de 10 ans ou 20 ans de prison pour violation des consignes, pillages et dissipation de munitions.

Treize officiers poursuivis pour manquement à leurs devoirs ont été acquittés, et la cour a indiqué ne pas être en mesure de juger un autre accusé.

Au total, 39 membres de l’armée congolaise étaient poursuivis dans ce procès qui s’était ouvert en novembre à Goma, la capitale du Nord-Kivu. Les faits jugés remontent à la fin du mois de novembre 2012 après la prise de Goma par les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), finalement vaincus au début du mois de novembre 2013 par les forces régulières.

"Pour la cour, il n’y a pas eu de viols à Minova"

Les soldats du 391e bataillon de commandos, formés par les États-Unis à Kisangani (nord-est de la RDC), ont été accusés, dans leur fuite, d’avoir commis des atrocités à Minova et ses alentours, dans la province du Sud-Kivu. Un rapport de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) consacré à ces évènements a dénombré "135 cas de violence sexuelle, ainsi que d’autres violations graves des droits de l’homme, dont des meurtres et des pillages massifs […] perpétrés par des militaires du 20 au 30 novembre 2012".

Avocat du collectif des victimes, Me Jean-Claude Zozo a déclaré qu’il était "navré" par cette décision de la justice. "Pour la cour, il n’y a pas eu de viols à Minova", a-t-il déploré.

(Avec AFP)