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Camille Lepage, jeune journaliste de 26 ans, a été tuée près de Bouar, en Centrafrique

Par Jeune Afrique

Camille Lepage à Damara, au nord de Bangui, le 21 février 2014. © AFP

Camille Lepage, une photojournaliste française de 26 ans, a été tuée alors qu'elle effectuait un reportage en Centrafrique. Son corps a été découvert par des soldats français dans la région de Bouar (Ouest).

La photojournaliste française Camille Lepage, 26 ans, suivait seule un groupe d’anti-balaka depuis plusieurs semaines. Sa dépouille mortelle a été découverte lors d’une patrouille de la force Sangaris, à l’occasion d’un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments membres de ces milices, dans la région de Bouar (Ouest), près du Cameroun et du Tchad. C’est dans cette zone que des combats avaient opposé la semaine dernière un détachement de la force Sangaris à une colonne lourdement armée qui l’avait attaqué.

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"Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué une source militaire française.

Sur la dernière photo publiée sur son compte Instagram, le 6 mai, on voit qu’elle voyage avec des anti-balaka depuis Berbérati, à 250 kilomètres au sud de l’endroit où son corps a été retrouvé.

Le chef de l’État français, François Hollande, a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers". "Elle faisait des photos, elle pensait faire son devoir (…) Je demande aux journalistes de faire leur travail et en, même temps de prendre d’infinies précautions", a lancé le président Hollande, estimant que Camille Lepage évoluait "dans des conditions extrêmement difficiles en République centrafricaine".

"Il y a une très grande violence" dans ce pays, a-t-il insisté.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a "condamné fermement" mardi le meurtre et a réclamé une enquête aux autorités centrafricaines.

"Il ne saurait y avoir d’impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s’en prennent à la liberté fondamentale d’informer et d’être informé", a assuré le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius depuis les États-Unis. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a également souhaité "que les auteurs de cet acte odieux soient retrouvés et jugés."

"Sa mort odieuse montre à quel point les journalistes sont exposés au danger dans leur recherche de l’information, en République centrafricaine comme sur d’autres terrains de conflit", a réagi l’ONG Reporters sans frontières (RSF), "profondément choquée".

"Ma fille était une fille exceptionnelle, elle avait la passion du photojournalisme (…) Elle n’avait qu’une envie, c’était de témoigner sur des populations dont on ne parlait pas et qui étaient en danger", a déclaré la mère de Camille Lepage à RTL. "C’est pour ça qu’elle avait été à Djouba, au Sud Soudan. Elle n’avait pas peur", a-t-elle raconté.

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Camille Lepage était arrivée à Djouba en 2012. Elle avait notamment travaillé comme pigiste pour l’AFP, dont le responsable photo pour l’Afrique de l’Est, Carl de Souza, a gardé le souvenir d’une jeune femme "très enthousiaste et avide d’apprendre".

Elle s’était rendue en Centrafrique avant le début de l’opération Sangaris où elle avait collaboré avec plusieurs groupes de presse, dont Jeune Afrique. Elle était membre de l’agence Hans Lucas, un collectif de photojournalistes. "Ce n’était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu’elle faisait", a assuré à Virginie Terrasse, cofondatrice de l’agence.

Sa mort intervient six mois après après l’assassinat de deux reporters de RFI au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

(Avec AFP)

 

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