RSF dénonce la condamnation de journalistes à des peines de prison

Par AFP

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Reporters sans Frontières (RSF) et son antenne congolaise ont dénoncé la condamnation à des peines de neuf et dix mois de prison ferme de deux journalistes jugés coupables d'"offense au chef de l'Etat" de la République démocratique du Congo (RDC).

Le directeur du bi-hebdomadaire L’Interprète, Nsimba Embete Ponte, et son collaborateur Davin Tondo Nzovuanga sont en détention depuis leur arrestation en mars dernier, rappellent RSF et l’association Journalistes en Danger (JED) dans des communiqués transmis à l’AFP.

Il leur était reproché une série d’articles sur l’état de santé du président Joseph Kabila, dont les nombreuses apparitions publiques ont depuis fait taire les rumeurs relayées par certains organes de presse.

Les deux hommes avaient initialement été maintenus au secret pendant trois mois dans un cachot des services de renseignements. Ils ont finalement été condamnés le 28 novembre à dix et neuf mois de détention respectivement, et devraient sortir prochainement de prison, selon RSF et JED.

"Cette condamnation tardive n’est qu’une manière, pour la justice, de blanchir une bavure commise par l’ANR (Agence nationale des renseignements)", accuse JED.

C’est "un simulacre de justice qui ne sert qu’à justifier la détention prolongée des deux journalistes par les services de sécurité", renchérit RSF.

"Une fois encore, nous rappelons aux autorités congolaises que l’incarcération est une réponse disproportionnée et contre-productive pour les affaires de diffamation ou d’offense au chef de l’Etat", poursuit l’organisation.

RSF "dénonce également la suspension, le 4 décembre, de douze journalistes et un monteur de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC)" après la diffusion d’un reportage sur une manifestation à Bruxelles contre la guerre dans l’est de la RDC.

"Parmi les manifestants visibles dans le reportage, une femme portait une pancarte sur laquelle on pouvait lire +Kabila doit partir+. Il est reproché aux journalistes d’appartenir à ‘une organisation mystérieuse à visée subversive’", explique RSF.