« Jour de fête » à Kogelo, village natal du père de Barack Obama

Par AFP

Des femmes de Kogelo, le village natal du père de Barack Obama au Kenya, dansent le 19 janvier 20 ©

Plus de 3. 000 Kényans et touristes étrangers réunis à Kogelo, le modeste village natal du père défunt de Barack Obama, célébraient en chansons et en dansant l'investiture du premier président noir des Etats-Unis.

Réunie devant l’école de Kogelo, la foule assistait dans une atmosphère festive à la retransmission en direct des cérémonies sur un écran géant flanqué de banderoles dédiées à l’enfant du pays: "Félicitations, notre fils, notre espoir".

De nombreux Kényans présents avaient pris une journée de repos pour l’occasion et afflué de l’ensemble de la région du lac Victoria (ouest), revêtus de leurs plus beaux habits.

"Je suis de Kogelo et c’est un jour de fête. Cela représente une chance énorme pour nous car de nombreux investissements vont venir. C’est déjà grâce à lui que nous avons l’électricité et l’eau", a assuré à l’AFP Faith Achieng, 20 ans.

Le village habituellement tranquille de Kogelo, rebaptisé par ses habitants "la capitale locale du monde", connaît depuis quatre jours des festivités avec comme point d’orgue l’investiture du 44e président des Etats-Unis.

"L’atmosphère est si colorée, c’est comme si Kogelo avait un second Noël", s’est réjoui Joseph Oluoko, qui travaille dans le village.

Plusieurs touristes présents avaient modifié le programme de leur périple kényan pour venir se joindre aux danses Luo, l’ethnie dont est issue la branche kényane de la famille de M. Obama, ou agiter des drapeaux américains.

"C’est un jour très très spécial pour moi, peut-être le plus beau après mon mariage", a raconté Clyde Partin, un retraité de l’Ohio en vacances au Kenya.

"Obama va réunir le Kenya et les Etats-Unis et casser ces murs de séparation entre les noirs et les blancs, entre les Nations", a affirmé M. Partin, 64 ans: "J’assiste à l’Histoire, ici même à Kogelo. Dieu m’a béni d’être ici".

La grand-mère paternelle de M. Obama, Sarah, et la plupart des proches kényans du nouveau président américain, qui habitent toujours à Kogelo et ses environs, sont pour leur part à Washington à la cérémonie d’investiture.

L’événement, diffusé en direct par les principales chaînes de télévision kényanes, a donné lieu à des initiatives multiples à travers le pays et notamment Nairobi où est programmée mardi soir une comédie musicale sur la vie d’Obama.

Les discothèques n’étaient pas en reste, certaines d’entre elles organisant leur "nuit de l’investiture".

Plusieurs heures avant le début de la cérémonie, des centaines de badauds étaient réunis dans un hall du centre de conférence de Nairobi devant des écrans géants, grâce à un coupon d’invitation imprimé dans l’un des principaux quotidiens du pays.

"Il y a évidemment un sentiment de fierté car il est à moitié kényan. Mais aussi, l’Amérique a une mauvaise image à l’étranger et je pense qu’il peut faire beaucoup pour aider l’Amérique", a expliqué Jessy, jeune diplômée de 25 ans à la recherche d’un emploi.

Cette élection "signifie que tout est possible. J’ai deux frères aux Etats-Unis et cela veut dire que cela sera probablement plus facile pour eux. Déjà maintenant, quand ils disent qu’ils sont kényans, les gens veulent en savoir plus à propos de leur pays", commentait Jessy.