Israël ne s’attend pas à un changement de politique américaine

Par AFP

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Israël ne s'attend pas à un changement de la politique américaine au Proche-Orient sous l'administration du nouveau président Barack Obama, a déclaré le vice-Premier ministre Haïm Ramon.

"La politique des Etats-Unis ne va certainement pas changer sur le fond", a estimé M. Ramon, dans une interview à la radio publique.

"Cette politique se fonde sur deux principes: la lutte contre le terrorisme et la nécessité de parvenir à une paix sur la base de deux Etats", israélien et palestinien, a-t-il souligné.

De son côté, le député du Likoud Yuval Steinitz, un dirigeant du principal parti de l’opposition de droite, a rappelé les déclarations de soutien à Israël de Barack Obama durant sa campagne.

¨Je suis convaincu qu’après les élections de février, Barack Obama aura d’excellents rapports avec Benjamin Netanyahu à la tête de l’Etat, avec lequel il avait eu des entretiens fructueux", a ajouté M. Steinitz.

L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, leader du Likoud, est le grand favori selon les sondages pour former le prochain gouvernement après les législatives anticipées du 10 février en Israël.

M. Netanyahu avait lui-même estimé mardi que M.Obama comprenait la "détresse" des Israéliens et la "cruauté des ennemis que nous combattons" en allusion aux islamistes palestiniens du Hamas contre lesquels l’armée israélienne a mené une opération (27 décembre- 17 janvier) dans la bande de Gaza qui a fait plus de 1.300 morts.

M. Obama avait déclaré dimanche qu’il mettait en place une équipe qui puisse s’engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient, dès son investiture le 20 janvier.

Selon le Washington Post, il prévoit de nommer le sénateur à la retraite George Mitchell, artisan de la paix en Irlande du Nord, comme envoyé spécial pour le Proche-Orient, chargé en particulier du conflit israélo-palestinien.

Dans un rapport qu’il avait préparé en 2001 sur les causes de la seconde Intifada palestinienne, M. Mitchell avait recommandé des mesures de confiance, un retour aux négociations de paix et un gel total de la colonisation juive dans les territoires palestiniens occupés. Cette dernière exigence est complètement rejetée par le Likoud.

Au cours des dernières semaines, M. Obama a résisté aux pressions pour qu’il s’exprime sur l’offensive israélienne, expliquant qu’il n’y avait "qu’un président à la fois" aux Etats-Unis. Il n’en a pas fait mention dans son discours d’investiture.

Son prédécesseur George W. Bush avait toujours apporté un appui inconditionnel à Israël. Le Premier ministre israélien sortant Ehud Olmert lui a rendu un vibrant hommage en novembre affirmant que "son nom restera gravé en lettres d’or pour de longues années dans le coeur d’Israël".