Egypte: poursuite de l’abattage des porcs

Par AFP

Arrestation de manifestants le 3 mai 2009 au Caire ©

Les autorités égyptiennes ont poursuivi lundi l'abattage du cheptel porcin, au lendemain d'affrontements au Caire entre des policiers et des éleveurs qui réclament des indemnisations.

Quelque 200 porcs ont été pris sans incidents par les services vétérinaires pour être abattus alors que des policiers étaient déployés en force pour éviter des affrontements.

"L’abattage va continuer lundi et trois camions ont déjà pris des cochons pour être abattus", a dit à l’AFP Ishak Mikhail, qui dirige l’associations des chiffonniers de Moqattam, un quartier du sud du Caire habité majoritairement par des coptes (chrétiens d’Egypte).

Selon lui, chaque camion transporte 70 bêtes. "Les zabbaline (chiffonniers) appliqueront la décision de l’Etat", a-t-il assuré.

Le gouvernement a ordonné mercredi l’abattage de quelque 250. 000 cochons élevés dans le pays, une mesure controversée alors qu’aucun cas de grippe A/H1N1 ne s’est déclaré en Egypte, et que l’OMS n’a recensé aucun cas de contamination d’un porc à l’homme.

Cette opération a été marquée dimanche par des affrontements dans la région du Caire entre des policiers venus prendre les animaux et des éleveurs, à Moqattam et à Khanka (25 km au nord du Caire).

Les heurts ont fait au moins 12 blessés parmi les forces de l’ordre et au moins huit chez les éleveurs, selon les services de sécurité.

Les autorités avaient d’abord présenté la mesure comme une précaution face à la grippe porcine, avant d’affirmer qu’il s’agissait d’éradiquer des élevages insalubres.

La majorité des 80 millions d’Egyptiens sont musulmans, dont la religion interdit de manger du porc considéré comme "impur". Les coptes qui élèvent et consomment du porc, constituent de 6 à 10% de la population.