Les shebab revendiquent l’attentat suicide contre un ministre

Par AFP

Près de 300 morts sont à déplorer dans les combats depuis le mois de mai © AFP

Les islamistes radicaux somaliens des shebab ont revendiqué jeudi l'attentat suicide à Beledweyne qui a fait 20 morts, dont le ministre somalien de la Sécurité intérieure. Un nouveau revers grave pour le gouvernement dans sa lutte contre les insurgés islamistes.

Il s’agit du plus haut responsable somalien tué dans les violences en Somalie depuis l’élection fin janvier à la tête du pays de l’islamiste modéré Cheikh Charif Ahmed.

Selon un bilan établi auprès de chefs coutumiers de la ville, 20 personnes ont été tuées et 30 blessées dans cet attentat.

"Les combattants des shebab ont mené cette attaque suicide à Beledweyne; l’un de nos moudjahidine est entré avec son véhicule chargé d’explosifs dans un bâtiment où l’apostat et d’autres membres de son groupe se rencontraient", a expliqué un porte-parole des shebab, Sheikh Ali Mohamoud Rage, lors d’un point de presse à Mogadiscio.

"Les apostats ont été éliminés", a-t-il ajouté.

Le 7 mai, les insurgés islamistes ont lancé une offensive sans précédent, menée par les islamistes extrémistes des shebab et la milice Hezb al-Islamiya, à Mogadiscio, et ont juré de renverser le président Ahmed.

La Somalie "envahie"

Selon un chef coutumier de Beledweyne, Abdi Sheik Guled, joint par téléphone depuis Mogadiscio, "le bilan atteint 20 morts, pour la plupart des membres des forces de sécurité qui gardaient le ministre lorsque l’attaque a eu lieu".

Le président Ahmed a confirmé la mort dans l’attentat du ministre Omar Hashi Aden et de l’ancien ambassadeur de Somalie en Ethiopie Abdulkarim Ibrahim Lakanyo, lors d’un point de presse au palais présidentiel à Mogadiscio.

"Ceci est le résultat d’une attaque des terroristes qui ont envahi notre pays; il s’agit d’une attaque suicide contre des responsables", a accusé le président, dont le gouvernement ne contrôle plus que quelques quartiers de Mogadiscio.

Fin mai, le président a affirmé que la Somalie, en guerre civile depuis 1991, était "envahie" par des jihadistes étrangers ayant rejoint les rangs des insurgés islamistes.

Le Premier ministre somalien, Omar Abdirashid Sharmarke, a fustigé jeudi un "acte de lâcheté perpétré par des terroristes liés (au réseau) Al-Qaïda", lors d’un point de presse à l’ambassade de Somalie au Kenya.

"Les Somaliens n’ont pas la capacité de mener de telles attaques, ceci est le travail d’étrangers", a-t-il martelé.

Escalade des violences

L’attaque a été perpétrée par un kamikaze qui s’est fait exploser à bord de son véhicule dans l’enceinte de l’hôtel Medina à Beledweyne (environ 300 km au nord de Mogadiscio). Cet hôtel abritait la délégation du ministre, composée d’autres hauts responsables gouvernementaux.

Une épaisse fumée se dégageait de l’hôtel en grande partie détruit par l’explosion. Des corps carbonisés étaient également visibles, ont rapporté des témoins.

Cet attentat succède à une journée particulièrement meurtrière mercredi où 26 personnes, dont le commandant de la police de Mogadiscio et de sa région, le colonel Ali Said Hassan, ont été tuées dans de nouveaux affrontements dans la capitale.

Depuis le 22 mai, les forces loyales au président Ahmed mènent une contre-offensive face aux insurgés, mais qui se heurte à des revers.

Depuis début mai, ces combats ont fait environ 300 morts (civils et combattants). Selon l’ONU, plus de 122. 000 personnes ont également été déplacées.