Inondations : 159 morts et 600.000 personnes affectées

Par AFP

Les inondations ont fait plus de 159 morts et affecté près de 600. 000 personnes ©

Les pluies diluviennes qui tombent sur l'Afrique de l'Ouest depuis le mois de juin ont fait plus de 159 morts. Les dégâts matériels sont également très lourds, avec de nombreuses habitations détruites.

Du Sénégal au Burkina Faso, une douzaine de pays d’Afrique de l’Ouest souffrent de graves inondations qui ont fait plus de 159 morts et affecté près de 600. 000 personnes, dans des villes et localités mal préparées pour faire face aux pluies saisonnières de plus en plus abondantes.

"Près de 600. 000 personnes sont affectées par les inondations suite aux fortes pluies qui s’abattent depuis le mois de juin en Afrique de l’ouest et ont causé la mort de 159 personnes", a annoncé mardi depuis Dakar le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha).

Au Cameroun, une mère et sa fille qui faisaient la lessive dans une rivière sont mortes noyées, selon les pompiers. Elles ont été entraînées par les eaux en furie, après les fortes pluies tombées dimanche à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest. Et au Mali, un véhicule qui tentait de traverser un pont submergé par les eaux sur l’axe routier Bamako-Kita (ouest) a été emporté, causant la mort de six de ses passagers.

24. 000 habitations écroulées au Burkina

Au nombre des pays les plus gravement touchés figurent le Sénégal, le Burkina Faso, le Ghana, le Niger et la Sierra Leone.

Le gouvernement burkinabè a dû immédiatement lancer un appel à la solidarité internationale, face à l’ampleur de la catastrophe qui a tué huit personnes et laissé 150. 000 sans abri.

Rien qu’à Ouagadougou, plus de 24. 000 habitations se sont écroulées après les fortes pluies tombées dans la seule journée du 1er septembre.

L’hôpital Yalgado Ouédraogo, centre hospitalier de référence du Burkina, a dû être vidé de ses patients et de son personnel. Les écoles hébergent des familles sinistrées. Et les eaux qui ont envahi la cinémathèque africaine ont abîmé une collection de films parfois en copie unique.

"C’est une situation très préoccupante"

Au Sénégal, ce sont plus de 264. 000 personnes qui ont été affectées selon l’ONU, notamment dans la banlieue de Dakar. Le gouvernement a déclenché le plan Orsec (organisation des secours) et débloqué 2 milliards de francs CFA (3 millions d’euros) pour tenter de répondre à ces inondations, récurrentes à chaque saison des pluies.

Le Niger compte près de 67. 000 personnes touchées, le Ghana 55. 000, le Bénin 20. 000, la Guinée (Conakry) 15. 000, la Gambie 8. 700, la Mauritanie 8. 000 à 10. 000, la Côte d’Ivoire 2. 000, la Sierra Leone 1. 500, selon des estimations collectées par l’ONU.

"C’est une situation très préoccupante qui fragilise encore plus des populations déjà démunies. Les catastrophes naturelles ont un effet durable qui va s’installer sur plusieurs décennies et réduire à néant des années d’effort en matière de lutte contre la pauvreté", a averti le dirigeant du bureau régional d’Ocha à Dakar, Hervé Ludovic de Lys.

Manifestation du changement climatique

Ces inondations, suite à des pluies plus abondantes, "sont une manifestation concrète des changements climatiques et cela peut aussi concerner des sécheresse, des éboulements, une montée des températures", juge le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Dakar, Bouri Sanhouidi, interrogé par l’AFP.

"La plupart de nos pays et de nos villes ne sont pas préparés à faire face à ce genre de catastrophes", ajoute M. Sanhouidi, pointant les problèmes d’urbanisme liés à "la planification et à l’occupation de l’espace" comme facteurs aggravants.

"Beaucoup de villes (africaines) ont été dépassées par l’arrivée massive de populations en quête de bien-être qui se sont installées de manière anarchique dans des zones inondables" sans système d’assainissement ni canaux d’irrigation, relève ce responsable du Pnud.