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Le camp Gbagbo accuse la commission électorale de « fraude »

Par AFP

Laurent Gbagbo avait réclamé mercredi une nouvelle prolongation du traitement des cas litigieux ©

Le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) accuse la CEI d'avoir tenté d'"introduire sur la liste" électorale provisoire les noms de"429 000" personnes. Le premier ministre Guillaume Soro travaillera la semaine prochaine à apaiser les tensions.

Le camp du président ivoirien Laurent Gbagbo a accusé samedi la Commission électorale indépendante (CEI) de "fraude" dans le traitement en cours des contentieux sur la liste électorale provisoire, une accusation réfutée par la CEI.

Cette phase lancée fin novembre, qui devait s’achever samedi, vise à statuer sur le sort d’environ 1,033 million de "cas litigieux" figurant parmi les quelque 6,4 millions de personnes recensées en vue de l’élection présidentielle. Reporté depuis 2005, le scrutin est désormais prévu pour "fin février-début mars 2010".

Indépendamment du traitement normal des contentieux, la CEI a élaboré une "liste parallèle" de "429. 000 personnes" à valider alors qu’"elle n’est pas chargée" de faire un tel travail, et elle a tenté de les "introduire sur la liste" provisoire, a accusé Sokoury Bohui, secrétaire général chargé des élections au Front populaire ivoirien (FPI).

La CEI dément

"C’est manifestement un cas de fraude", a affirmé à l’AFP ce responsable du parti de M. Gbagbo, réclamant la "démission" du président de la commission, Robert Beugré Mambé.

Yacouba Bamba, porte-parole adjoint de la CEI, a réfuté ces accusations.

La commission a en effet produit "en interne" un document à partir de "recherches complémentaires" proposant de valider "quelque 400. 000 personnes" mais elle a "elle-même décidé de ne pas l’utiliser", a-t-il expliqué, jugeant matériellement "pas possible" pour la CEI de reverser ces cas sur la liste provisoire.

Suivant la procédure normale, "au 6 janvier, sur environ 550. 000 requêtes enregistrées, près de 450. 000 ont été agréées" sur les quelque 1,033 million de "cas litigieux", a-t-il ajouté.

M. Bamba a assuré que le traitement des contentieux, déjà prolongé, s’achèverait bien samedi comme annoncé. Il a toutefois reconnu ignorer si "une décision" serait prise pour les personnes non prises en compte.

Guillaume Soro pompier

Laurent Gbagbo avait réclamé mercredi une nouvelle prolongation de cette phase, jugeant qu’"on ne peut pas aller aux élections" alors que de nombreux Ivoiriens recensés n’ont pas vu leur situation clarifiée.

Face à la polémique entre le camp présidentiel et la CEI, le Premier ministre Guillaume Soro "a décidé de prendre en main la suite du processus afin de ramener le calme, la confiance et mettre fin aux différentes suspicions", a déclaré son conseiller en communication Alain Lobognon.

"Dès le début de la semaine prochaine, de grandes mesures vont être annoncées par le Premier ministre pour une fin apaisée du contentieux", a-t-il indiqué.

Le scrutin présidentiel, reporté six fois depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, est censé clore une crise née en 2002 d’un coup d’Etat manqué de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) de M. Soro, qui a coupé le pays en deux.