Politique

BEAC : Philibert Andzembé « relevé de ses fonctions »

Le gabonais Philibert Andzembé a été démis de ses fonctions à la tête de la banque © AFP

Le gabonais Philibert Andzembé a été remplacé par l'équato-guinéen Lucas Abaga Nchama à la tête de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC), lors du sommet de la Cémac à Bangui. Le poste, traditionnellement occupé par un gabonais depuis 1973, fera désormais l'objet d'une rotation entre les Etats membres.

 Le 10e sommet de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cémac) a nommé l’Equato-Guinéen Lucas Abaga Nchama gouverneur de la banque régionale BEAC, poste qui devient désormais rotatif.

Gestion contestée de Philibert Andzembé
Le sommet, tenu samedi et dimanche à Bangui, "a décidé de nommer au poste de gouverneur de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) Lucas Abaga Nchama", selon son communiqué final lu devant les chefs d’Etat et la presse par le président de la Commission de la Cémac, Antoine Ntsimi.
M. Abaga Nchama succède au Gabonais Philibert Andzembé, qui était en poste depuis juillet 2007 et que le sommet a décidé de "relever de (ses) fonctions" avec deux autres hauts responsables de la BEAC.

L’Equato-Guinéen était directeur général d’exploitation de la Banque.

La gestion de Philibert Andzembé a été marquée par plusieurs scandales et la perte, pour la Banque, d’importantes sommes d’argent.

En octobre, le Gabon avait décidé de le rappeler "en vue de son remplacement", après la révélation de détournements d’ampleur à la Banque quelques mois après celle de placements à risques ayant mal tourné.

Fin du privilège gabonais

Le sommet de Bangui a aussi décidé de rendre rotatif le poste de gouverneur de la BEAC, mettant fin à un privilège accordé depuis 1973 au Gabon.

Le sommet a adopté le "principe de la rotation par ordre alphabétique des Etats membres au niveau de toutes les institutions, organes et institutions spécialisées de la Communauté", d’après le communiqué final.

Le texte précise que cette décision met "fin au contentieux de Fort-Lamy" (actuelle N’Djamena), du nom de l’accord signé en 1973 sur la répartition des postes au sein de la BEAC.

Au terme de cet accord, le poste de gouverneur était détenu par le Gabon, celui de vice-gouverneur par le Congo ou le Tchad et le siège central de la BEAC était fixé au Cameroun.

Lors d’un bref point de presse, chef de l’Etat centrafricain et ex-président en exercice de la Cémac, a précisé que pour la BEAC, cette rotation commencerait après le mandat de l’Equato-Guinéen Lucas Abaga Nchama nommé dimanche. La durée de ce mandat n’a pas été précisé.

"Le principe de la rotation par ordre alphabétique (. . . ) a été retenu. Mais on va commencer par la Guinée équatoriale. A partir de là, la rotation va suivre", a indiqué M. Bozizé, qui a passé le témoin à son homologue congolais Denis Sassou Nguesso pour la présidence en exercice de la Cémac.

La Cémac regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. Elle a été créée en 1994, en remplacement de l’Union douanière et économique de l’Afrique centrale (UDEAC) qui avait été lancée en 1964 par cinq pays de la région, rejoints 20 ans plus tard par la Guinée équatoriale.

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