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Human Rights Watch dénonce les massacres de la LRA

Par AFP

Un groupe de défense contre les attaques de la LRA, la rebellion ougandaise, à Bangadi en 2009. © AFP

Quatre jours d'atrocités, un massacre "planifié" : Human Rights watch détaille, dans un rapport alarmant, les exactions commises par les rebelles ougandais de la LRA en décembre 2009 dans le nord-est de la RDC.

Human Rights Watch (HWR) détaille dans un rapport le massacre "planifié" par les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de plus de 321 civils mi-décembre 2009 dans des villages du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). "Au cours d’une opération bien planifiée", qui s’est déroulée entre le 14 et la 17 décembre dans une dizaine de villages de la région de Makombo, dans le district du Haut Uélé (nord-est), "la LRA a tué plus de 321 civils et enlevé plus de 250 autres personnes, dont au moins 80 enfants", révèle le document de 67 pages intitulé "Le chemin de la mort : Atrocités commises par la LRA dans le Nord-est du Congo".

"La grande majorité des victimes étaient des hommes adultes qui ont d’abord été ligotés, avant que les combattants de la LRA ne les tuent à coups de machettes ou leur écrasent le crâne à coups de hache ou de lourds gourdins", écrit HRW après une mission de recherche menée dans la région en février. Les rebelles étaient entre 25 et 40. Ils ont parcouru une centaine de km lors de l’opération dont l’objectif était de tuer, enlever et piller, selon Human Rights Watch. "Au moins 13 femmes et 23 enfants figuraient parmi les victimes, dont la plus jeune, une fillette de 3 ans, a été brûlée vive", selon l’enquête.

Chaînes humaines

Dans chaque village attaqué, ils "se sont fait passer pour des soldats de l’armée congolaise et ougandaise en patrouille, en rassurant les gens en mauvais lingala (langue locale utilisée en RD Congo) et leur disant de ne pas avoir peur et, une fois que les personnes s’étaient rassemblées, ils ont capturé leurs victimes et les ont attachées". "Ils ont spécifiquement recherché les endroits dans lesquels les gens auraient tendance à se rassembler" en demandant où se trouvaient les marchés, églises, points d’eau mais aussi les écoles, "ce qui indique que l’un de leurs objectifs était d’enlever des enfants", avance le rapport.

"Les civils enlevés, dont de nombreux enfants âgés de 10 à 15 ans, ont été attachés avec des cordes ou du fil métallique à la taille, formant souvent des chaînes humaines de cinq à 15 personnes. Ils étaient forcés à porter les marchandises que la LRA avait pillées et ensuite à s’en aller avec eux. Toute personne qui refusait, marchait trop lentement ou tentait de s’enfuir était tuée", est-il expliqué.

L’odeur de la mort

Des personnes échappées ont témoigné de "l’extrême brutalité du groupe", selon HRW qui évoque "des enfants capturés" qui ont "été forcés à tuer d’autres enfants qui avaient désobéi aux règles de la LRA (. . . ) Les enfants ont reçu l’ordre d’encercler la victime et de la frapper chacun à leur tour sur la tête avec un gros gourdin jusqu’à ce que mort s’ensuive". Selon des témoins, la région "a été remplie de l’odeur de la mort" pendant des jours et des semaines après l’attaque, écrit l’ONG.

"Ces quatre jours d’atrocités démontrent que la LRA reste une menace grave pour les civils et non un groupe affaibli, comme le prétendent les gouvernements ougandais et congolais", explique Human Rights Watch dans un communiqué reçu à Kinshasa. Elle regrette par ailleurs l’inertie de la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) -qui dispose d’un millier de soldats dans cette région- après l’attaque, et plaide pour une "stratégie régionale globale" entre la RDC, la Centrafrique, le Sud-Soudan et l’Ouganda.

Dans une série de recommandations, elle appelle notamment les Etats-Unis à soutenir l’organisation d’une "conférence internationale" pour répondre à la menace de la LRA et "adopter la loi relative au désarmement de la LRA et à la relance du nord de l’Ouganda".

La rébellion de la LRA, active depuis 1988 dans le nord de l’Ouganda, est réputée pour être une des plus brutales au monde. Depuis 2005, ses combattants se sont installés dans l’extrême nord-est de la RDC, mais aussi en Centrafrique et au Sud-Soudan.

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