ABO met en garde contre « le diable de la division »

Par AFP

Ali Bongo Ondimba à Franceville, le 24 février 2010. © AFP

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a mis en garde mardi contre les divisions dans le pays, demandant à l'opposition de travailler "à l'unité nationale", dans un discours télévisé à la nation à l'occasion de l'anniversaire de la mort de son père, Omar Bongo.

"J’imagine que tous les Gabonais qui caressent le rêve légitime de se voir confier la conduite de notre destin collectif savent qu’il n’y a pas d’autre chemin à emprunter que de travailler à la consolidation de l’unité nationale sauf à tenter le diable de la division : l’ethnisme", a déclaré le président Ali Bongo.

"La consolidation de l’unité, c’est l’affaire de toutes les composantes de notre population (…), le chantier est immense (…) Je voudrais qu’en ce jour du souvenir et du recueillement, nous lui (Omar Bongo, NDLR) fassions le serment de témoigner notre fidélité à sa mémoire et de dire que nous garderons vive la flamme qu’il a allumée", a-t-il poursuivi.

Hommage à Omar Bongo Ondimba

"Le président Omar Bongo a fait du dialogue et de l’unité nationale les stimuli de son action politique comme de sa pratique du pouvoir (…) Il ne s’agissait pas de nier l’existence des ethnies mais surtout de valoriser notre patrimoine commun plus important que les différences", a-t-il également affirmé.

Le président Omar Bongo, décédé le 8 juin 2009 après 41 ans au pouvoir, était issu de la minorité Teké (Est) du Gabon dont l’éthnie à la majorité relative est fang.

Omar Bongo avait mis en place un savant équilibre ethnique pour la répartition des pouvoirs, selon de nombreux observateurs qui estiment que la présidentielle d’août 2009 qui a suivi son décès a donné lieu à un vote ethnique: Pierre Mamboundou, arrivé 2e la présidentielle étant de l’ethnie Punu et André Mba Obame, qui a décroché la 3e place, de l’ethnie fang.

Pour l’anniversaire de la mort du président Bongo, des centaines d’affiches avec des photos du défunt avaient été apposées à Libreville. Une banderole de plus de 100 m de long a notamment été accrochée sur le Boulevard Triomphal où se situent la plupart des bâtiments officiels.

De nombreuses manifestations ont eu lieu en hommage au défunt bien que la journée n’ait pas été décrétée fériée. Une minute de silence programmée sur tout le territoire à 13h50 (12h50 GMT) a été particulièrement respectée dans les administrations.

Une cérémonie oecuménique a rassemblé à la cité de la Démocratie de Libreville plusieurs milliers de personnes, dont le chef de l’État et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, passé dans l’opposition à la mort d’Omar Bongo.

Une caravane conduite par la Fondation Amissa Bongo, une des filles décédée du président Omar Bongo, a distribué des médicaments et prodigué des soins gratuits aux populations de Libreville. Un grand spectacle son et lumière devait avoir lieu en soirée.

Dans la matinée, une cérémonie également en présence d’Ali Bongo, avait eu lieu à Franceville (est, 650km de Libreville), capitale de la région natale du président défunt.

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