Fermer

Hommage national à Floribert Chebeya

Par AFP

Les funérailles ont rassemblé près d'un millier de personnes. © AFP

Près d'un millier de personnes, dont des diplomates et des ministres, ont participé, samedi à Kinshasa, aux obsèques de Floribert Chebeya. Le militant congolais des droits de l'homme a été retrouvé mort début juin dans des circonstances encore mystérieuses.

Débutées vendredi, les funérailles du président de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV) se sont poursuivies dans un stade de Kinshasa en présence de membres du gouvernement congolais, dont les ministres de la Justice et du Budget, et d’un millier de personnes portant souvent des vêtements à l’effigie du défunt.

Les membres du corps diplomatique et le représentant en République démocratique du Congo du secrétaire général de l’ONU, Alan Doss, ont également assisté aux obsèques de M. Chebeya, dont la mort a suscité de vives réactions d’indignation et d’émotion, notamment des États-Unis et de l’Union européenne.

« Sa mort parle et parlera »

Dépôts de gerbes de fleurs, danses, chants folkloriques et une longue série de témoignages ont marqué les cérémonies, sous haute surveillance policière, avant une messe en la cathédrale de Kinshasa à la mémoire du disparu.

"Ta disparition par un crime crapuleux me déchire le cœur, tu as mérité le respect de la nation et ta présence au panthéon de nos héros", a écrit dans une lettre-témoignage l’opposant historique Étienne Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), actuellement en Europe.

Peter Ntumba, coordonnateur de la VSV, a rappelé le parcours du militant qui s’est "consacré à défendre la démocratie, les droits humains et les libertés fondamentales en RDC" pendant près de 27 ans.

Dans son homélie, l’archévêque de Kinshasa Mgr Laurent Monsengwo, a affirmé que "Chebeya restera dans l’histoire du Congo pour son engagement pour la justice, la paix et la dignité humaine".

"Par son départ, Chebeya célèbre notre libération. Il y aura toujours des Floribert aussi longtemps que l’homme ne comprendra pas qu’il ne doit pas tuer l’autre. Celui que nous pleurons est la voix des sans-voix. Sa mort parle et parlera", a pour sa part déclaré l’abbé Yves Koko.

Lors du déplacement du cortège vers la cathédrale, quelques militants de l’opposition ont lancé des slogans contre le président Joseph Kabila, le traitant d’"assassin" et réclamant sa "démission".

Floribert Chebeya, 47 ans, avait disparu le 1er juin avec son chauffeur Fidèle Bazana, après s’être rendu à l’Inspection générale de la police dans Kinshasa, où il avait un rendez-vous, qui n’a pas eu lieu, avec le chef de la police, le général John Numbi.

Il a été retrouvé mort le lendemain à l’arrière de sa voiture, les mains liées dans le dos, sur une route en périphérie de Kinshasa. Le corps de son chauffeur n’a jusqu’ici pas été retrouvé.

Une dizaine de policiers ont été arrêtés et le général Numbi a été suspendu dans le cadre de l’enquête, récemment confiée à la justice militaire, alors que des ONG locales et internationales comme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, réclament une enquête internationale.

Les causes et les circonstances de la mort du militant sont inconnues à ce jour. Le procureur général de Kinshasa, chargé de l’enquête préliminaire, a simplement évoqué la piste d’un meurtre et les résultats partiels d’une autopsie réalisée à Kinshasa par des médecins légistes néerlandais n’ont pas exclu l’usage de la violence.

Samedi après la messe, le ministre de la Justice, Emmanuel Janvier Luzolo, a promis que "la justice sera rendue à Chebeya à travers les enquêtes qui sont menées".

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici