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Kabila suspend l’exploitation minière dans l’ex-Kivu

Par AFP

Le président de la RDC Joseph Kabila, le 30 juin 2010 Kinshasa. © AFP

Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a décidé de "suspendre l'exploitation minière" notamment dans les provinces du Nord et Sud-Kivu (est), au sous-sol riche et où des groupes armés contrôlent des mines, a déclaré vendredi à l'AFP le ministre provincial des mines du Nord-Kivu.

"Le chef de l’Etat a pris la décision de suspendre l’exploitation minière dans les trois provinces de l’ex-Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) pour assainir ce secteur et donner (de meilleures conditions de) vie aux populations qui vivent dans la pauvreté et l’insécurité", a affirmé D’Assise Masika, ministre provincial des mines du Nord-Kivu.

"La mesure concerne tout l’ancien Kivu pour ne pas laisser le couloir aux fraudeurs qui pourront quitter le Nord-Kivu pour le Sud-Kivu. Ca peut prendre un à deux mois et on va déployer une force pour traquer ces rebelles (…) qui occupent des carrés miniers", a ajouté le ministre, interrogé par téléphone depuis Goma, la capitale du Nord-Kivu, où se trouve le président Kabila.

Un communiqué officiel confirmant la décision présidentielle doit être prochainement publié, a indiqué le ministre.

Plus de 500 femmes et enfants violés

Le Nord et le Sud-Kivu sont très riches en minerais, principalement la cassitérite -minerai d’étain, utilisé dans la soudure-, et le coltan -abrégé de colombo-tantalite, utilisé dans les téléphones et ordinateurs portables, consoles de jeux…-. On y trouve également des gisements d’or.

L’exploitation illégale de nombreuses carrières se fait sous le contrôle de groupes armés actifs dans ces deux provinces, surtout de la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Certains officiers de l’armée congolaise, ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupe rebelle congolais rallié à Kinshasa début 2009, et dont la majorité des combattants ont été intégrés dans l’armée, tirent aussi profit de l’exploitation de certaines mines.

La situation sécuritaire s’est aggravée ces dernières semaines au Nord et au Sud-Kivu, où, selon l’ONU, plus de 500 femmes et enfants ont été victimes de viols systématiques, commis de fin juillet à fin août, principalement par des groupes armés.

Prise d’otage

Dans un rapport publié en novembre 2009, des experts mandatés par l’ONU estimaient que l’exploitation par les FDLR de la cassitérite et de l’or dans les deux Kivu fournissait à ce mouvement "des millions de dollars de financement direct".

Près de Walikale au Nord-Kivu, la mine de Bisié, d’où provient environ 70% de la cassitérite de la province, se trouve elle sous le contrôle d’anciens du CNDP intégrés dans l’armée.

Le 24 juillet près de Walikale, des rebelles des FDLR et des miliciens Maï Maï avaient attaqué un avion petit porteur utilisé pour le transport à Goma de la cassitérite extraite à Bisié. Ils avaient pris en otage le copilote indien avant le relâcher cinq jours après.

FDLR et Maï Maï ont renouvelé l’opération contre deux autres aéronefs au même endroit le 1er septembre et détiennent depuis le pilote ukrainien et le copilote congolais d’un des avions.

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