Le président Jakaya Kikwete réélu pour un second mandat

Par AFP

Jakaya Kikwete entame un second mandat de cinq ans avec 61,17 % des voix. © AFP

Le président tanzanien sortant, Jakaya Kikwete, 60 ans, a été réélu pour un second mandat de cinq ans avec 61,17 % des voix lors de l'élection présidentielle de dimanche, a annoncé vendredi le président de la Commission électorale.

M. Kikwete devance largement ses deux principaux adversaires, le candidat du parti Chadema, Wilbrod Slaa, étant crédité de 26,34 % et celui du Front civique uni (CUF), Ibrahim Haruna Lipumba, recueillant 8,06 % des suffrages.

M. Slaa n’assistait pas vendredi après-midi à la proclamation officielle des résultats, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Je déclare à présent que Jakaya Kikwete a été élu président de la République unie de Tanzanie », a proclamé le président de la Commission Lewis Makame.

« Je vous félicite président Kikwete pour votre réélection et espère que vous tiendrez vos promesses. J’espère aussi que vous travaillerez sur les chantiers mis en avant par les partis d’opposition pendant la campagne, notamment l’éradication de la pauvreté, l’amélioration de l’éducation et des infrastructures », a déclaré M. Lipumba lors de la cérémonie

"Âpre compétition"

« Je dois reconnaître que la compétition a été âpre, reflétant les progrès de la démocratie dans le pays et le fait que les partis politiques sont à présent plus forts », a réagi de son côté M. Kikwete, faisant part de sa « satisfaction ».

Le taux de participation aux élections a été de 42,84 %, selon la Commission électorale, soit une participation bien inférieure à celle du scrutin de 2005 (72 %) qui s’était soldé par une très large victoire de M. Kikwete à la présidentielle, avec 80 % des voix.

Ces élections, les quatrièmes organisées en Tanzanie depuis le retour au multipartisme en 1992, se sont globalement déroulées dans le calme, dans ce pays d’Afrique de l’Est de plus de 43 millions d’habitants répartis sur un territoire grand comme la France et l’Allemagne réunies.

Plusieurs petites manifestations, parfois accompagnées d’échaufourrées ont toutefois émaillé les cinq jours de dépouillement des bulletins de vote, des militants d’opposition critiquant la lenteur des opérations, synonyme selon eux de trucage des résultats.

Mercredi, le candidat du Chadema, M. Slaa, avait demandé la suspension de l’annonce des résultats, arguant d’écarts entre ceux annoncés par la Commission électorale et ceux enregistrés par des agents de son parti sur le terrain.

Zanzibar, archipel semi-autonome

La Tanzanie a été largement épargnée par les troubles politiques et les divisions ethniques ou religieuses depuis sa création officielle en 1964 avec le rattachement de l’archipel de Zanzibar à l’ex-Tanganyika.

Autre fait marquant de ce scrutin, l’archipel de Zanzibar a étrenné une nouvelle disposition constitutionnelle, adoptée par référendum début août, prévoyant le partage du pouvoir entre les deux partis arrivés en tête des élections.

Le sort de l’élection sur l’archipel semi-autonome, qui élit son propre président, était connu dès lundi soir: le candidat du parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM-Parti révolutionnaire), Ali Mohamed Shein l’a emporté avec 50,1 % des suffrages exprimés contre 49,1 % à son adversaire Seif Sharif Hamad, du CUF.

Alors que des affrontements, parfois meurtriers, entre militants du CCM et du CUF, s’étaient produit lors des précédentes élections et auparavant, un correspondant de l’AFP sur place a assisté dès mardi à célébrations communes dans les rues de Zanzibar.