Sao Tomé : journée calme à la veille de la présidentielle dont Pinto est favori

Par AFP

F. de Menezes, le président sao-toméen (D) et l'ancien président nigérian O. Obasanjo (D). © AFp

Sao Tomé, où toute activité de campagne était interdite samedi, respirait le calme, à la veille du 2e tour de la présidentielle, qui met aux prises le favori Manuel Pinto da Costa, ancien homme fort de l'archipel au président de l'Assemblée nationale Evaristo Carvalho.    

"La journée de la réflexion", ainsi que les Santoméens surnomment la veille de l’élection, la loi interdit toute campagne. La radio et la télévision parlent des détails pratiques du scrutin mais ne reviennent plus sur les projets ou déclarations des deux candidats.

Vendredi, les deux candidats ont abattu leurs dernières cartes. Pinto da Costa (35,58% des suffrages au 1er tour), qui fêtait son 75e anniversaire, a donné sur la place Yon Gato un grand meeting auquel ont assisté entre 3.000 et 5.000 personnes et qui s’est terminé en musique à minuit.

"Je suis sûr qu’à partir de cette place historique et emblématique va se déclencher un mouvement de victoire qui va se propager à tout le monde", a-t-il lancé. La place Yon Gato est baptisé du nom d’un héros du 17e siècle qui s’était révolté contre les Portugais.

Stabilité et lutte contre la corruption

Ancien homme fort du pays sous l’ère communiste (1975-1990), Pinto da Costa a su pendant la campagne incarner la stabilité dans un pays qui a connu 18 Premiers ministres pendant les 21 années de multipartisme depuis 1990.

Il symbolise aussi la lutte contre la corruption, un des principaux fléaux minant le développement de cet archipel qui figure parmi les pays les plus pauvres de la planète.

Carvalho motive les électeurs

Son adversaire, Evaristo Carvalho, président de l’Assemblée nationale (21,74% au 1er tour) a par contre choisi d’annuler son meeting, prévu également à Sao Tomé, pour poursuivre sa campagne de porte-à-porte entamée après le 1er tour.

Vendredi, il a battu le pavé dans le quartier de Riboque, en périphérie de la capitale dans le but de convaincre les quelque 30.000 abstentionnistes d’aller voter pour lui.

"Je suis convaincu qu’on va remporter ces élections. Je continue à marcher de zone en zone pour motiver les électeurs qui se sont abstenus pourqu’ils votent massivement pour ma candidature", a-t-il assuré à l’AFP.

Evaristo Carvalho défend les couleurs de l’Action démocratique indépendante (ADI) vainqueur des législatives d’août 2010 et parti du Premier ministre Patrice Trovoada, fils de Miguel Trovoada, premier président de l’ère démocratique qui a succédé à Pinto da Costa.

Il sera très difficile à M. Carvalho de renverser la tendance alors que les principaux candidats éliminés au premier tour ont tous appelé à voter pour Pinto da Costa.

92.000 des quelque 200.000 habitants de l’archipel sont appelés à voter pour désigner le successeur de Fradique de Menezes, élu en 2001, réélu en 2006, et qui n’avait pas le droit de briguer un troisième mandat.

Crise financière

Les bureaux de vote seront ouverts dimanche de 07H00 (07H00 GMT) à 18H00. Les premiers résultats devraient être connus dans la nuit du 7 au 8 août. Quelque 150 policiers qui travailleront en coordination avec l’armée seront déployés dans l’archipel pour surveiller les opérations de vote, a-t-on appris de source policière.

L’archipel vit une crise financière presque permanente et son budget est alimenté à 80% grâce à l’aide internationale.

C’est l’un des rares pays du golfe de Guinée à ne pas avoir encore exploité de pétrole, mais des sources économiques et diplomatiques estiment que sa production pourrait démarrer en 2014.