Cap-Vert : Fonseca et Souza au second tour de la présidentielle

Par AFP

Le Premier ministre du Cap-Vert, José Maria Neves, le 9 juin 2010 à Oeiras. © AFP

Les résultats officiels quasi-complets du premier tour de la présidentielle du Cap-Vert, jugé transparent, sont tombés lundi. Le second tour du 21 août verra l'opposant Jorge Carlos Fonseca affronter le candidat du parti au pouvoir Manuel Inocencio Sousa.

Lundi matin, la Commission nationale des élections (CNE) a communiqué des résultats portant sur 1.120 des 1.200 bureaux de vote répartis dans le pays et à l’étranger, soit 93,33% du total.

Le dépouillement des bulletins de vote s’est achevé pour les bureaux restants, et les résultats complets devraient être communiqués dans les prochaines heures, a indiqué sans plus de détails une source à la CNE, selon laquelle les nouvelles données ne changeront pas le classement de quatre candidats en lice.

D’après les résultats quasi-complets communiqués par la CNE, Jorge Carlos Fonseca, 60 ans, candidat du Mouvement pour la démocratie (MPD, libéral), principal parti de l’opposition, se classe premier devant Manuel Inocencio Sousa, 60 ans, candidat du Parti africain de l’indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste, au pouvoir).

Lima arrive troisième

Un hiérarque du PAICV, Aristides Lima, bientôt 56 ans, qui contestait le choix du parti et s’est porté candidat indépendant, s’est classé troisième et Joaquim Monteiro, 71 ans, un enseignant, ex-combattant de la guerre d’indépendance, ferme la marche.

Faute de majorité absolue (50% des voix plus une voix), condition requise pour une victoire au premier tour, les électeurs capverdiens – un peu plus de 305.000 – devront choisir entre MM. Fonseca et Sousa au second tour le 21 août.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le camp de M. Fonseca s’est réjoui de "la confiance que la population a manifestée" en faveur de l’opposant. Nous avons des raisons d’espérer" que cette confiance "va se confirmer le 21 août par une victoire de Jorge Carlos Fonseca", a déclaré à la presse Manuel Faustino, porte-parole de M. Fonseca.

Dans une déclaration à ses militants, M. Sousa a aussi affiché son optimisme. "Ceci est un excellent résultat et un avant-goût pour la victoire" au second tour, a-t-il lancé à ses militants, dans une déclaration rapportée par le journal privé A Semana. "Je vais gagner", a-t-il soutenu, indiquant s’attendre à "une augmentation significative du nombre de voix" en sa faveur le 21 août.

Bons perdants

Aristides Lima a reconnu sa défaite et félicité ses adversaires, mais il s’est gardé de donner des consignes pour le second tour. "Je reconnais que j’ai été battu, mais je reste serein", a déclaré M. Lima, dont la candidature a divisé le PAICV. "Toutefois, je ne me lancerai pas dans une idée de donner des consignes de vote à mes militants. Chacun est libre de choisir le candidat qui répond" à ses aspirations, a-t-il précisé. Quant à Joaquim Monteiro, 71 ans, il a lui aussi immédiatement reconnu sa défaite, en refusant aussi toute consigne de vote. Il a assuré: "Je vais me préparer pour 2016. D’ici là, j’aurai mûri en politique".

Le vote s’est déroulé dimanche dans le calme. Lundi après-midi, la mission des 80 observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a affirmé n’avoir "enregistré aucune irrégularité notable" lors des opérations de vote.

Le scrutin "a été libre, transparent, régulier et équitable" malgré "quelques imperfections, a de son côté estimé la mission des observateurs de l’Union africaine (UA), qui a aussi fait état d’une affluence "moyenne" des électeurs aux bureaux de vote, "un tout petit peu au-dessus de 50%".

Aucune estimation n’était disponible de source officielle capverdienne. Mais la faible participation avait déjà été notée dimanche par des témoins et le Premier ministre José Maria Neves, président du PAICV et homme fort de l’exécutif dans ce pays lusophone doté d’un régime parlementaire. M. Neves a mené une campagne électorale active en faveur de Manuel Inocencio Sousa, mais le président sortant Pedro Pires, qui est le secrétaire général du PAICV, a refusé d’afficher un soutien à un des candidats. "Je n’ai pas de parti pris, je suis comme un arbitre", avait affirmé dimanche M. Pires, qui doit quitter le pouvoir après les deux quinquennats successifs que lui autorise la Constitution. Elu en 2001, il a été réélu en 2006.