Maroc : les ministres islamistes « doivent faire face » aux proches du palais, selon la presse

Par AFP

Le roi Mohammed VI (D.) et Abdelilah Benkirane, à Midelt le 29 novembre 2011. © Azzouz Boukallouch/afp.com

Le gouvernement marocain dirigé par l'islamiste Abdelilah Benkirane, nommé mardi dernier par le roi Mohammed VI, doit "faire face" aux ministres proches du palais qui constituent un "gouvernement de l'ombre", selon des journaux parus samedi.

Le gouvernement marocain dirigé par l’islamiste Abdelilah Benkirane, nommé mardi dernier par le roi Mohammed VI, doit "faire face" aux ministres proches du palais qui constituent un "gouvernement de l’ombre", selon des journaux parus samedi.

"La monarchie n’a renoncé ni à ses ministères de souveraineté (5 sur 30) pour verrouiller doublement le système, ni à ses ministres délégués qui ont valeur de sentinelles (…) soigneusement placés aux postes-clés (l’Intérieur et les Affaires étrangères)", écrit samedi l’éditorialiste de l’hebdomadaire francophone Tel-Quel (indépendant).

"La composition du nouveau gouvernement ne laisse aucune place au doute: la monarchie vient de creuser un peu plus le fossé qui la sépare de la démocratie", ajoute l’hebdomadaire qui tire à plus de 20.000 exemplaires.

Au moins cinq ministres et ministres délégués, n’appartenant à aucun parti et proches du roi, font partie du gouvernement – composé de 30 membres dont 12 islamistes – et sont rattachés à certains ministères comme les Affaires étrangères, l’Intérieur et la défense.

Ainsi, l’ancien patron de Direction générale de la sûreté nationale (DGSN – police), Charki Draiss, est ministre délégué auprès du ministère de l’Intérieur, rappelle Tel-Quel. Les ministres des Affaires islamiques et de la Défense, respectivement Ahmed Taoufiq et Abdellatif Loudiyi, ont gardé leurs postes.

Aux élections du 25 novembre, le Parti islamiste justice et développement (PJD) est arrivé en tête avec 107 sièges et son chef Abdelilah Benkirane a ensuite été chargé de former un gouvernement par le roi Mohammed VI.

"Le PJD doit faire face à un gouvernement de l’ombre", titrait pour sa part en "une" le quotidien Akhbar Al Yaoum (arabophone, indépendant).

Ce dernier évoque aussi le renforcement du nombre de conseillers royaux, dont l’ancien ministre des affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, et Yassir Znagui, l’ancien ministre du Tourisme. Parmi les conseillers du roi récemment nommés, figure l’un des ses plus proches: Fouad Ali El Himma, qui avait fait de l’affaiblissement des islamistes son cheval de bataille politique.

"La coexistence entre le gouvernement islamiste et le gouvernement de l’ombre sera difficile", ajoute le quotidien.