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Ban Ki-moon appelle les dirigeants africains à écouter davantage leur peuple

Par AFP

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le 27 janvier 2012 à Davos. © AFP

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé dimanche à Addis Abeba les dirigeants africains à écouter davantage leur peuple et à tirer les leçons des révolutions arabes, alors que la validation de la candidature contestée de Abdoulaye Wade suscite de vives tensions au Sénégal.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé dimanche à Addis Abeba les dirigeants africains à écouter davantage leur peuple et à tirer les leçons des révolutions arabes, alors que la validation de la candidature contestée de Abdoulaye Wade suscite de vives tensions au Sénégal. Le président sénégalais, pourtant un habitué des sommets de l’UA, n’a pas fait le déplacement pour cette 18ème réunion des chefs d’Etat des 54 membres de l’organisation, au cours de laquelle le bloc s’est doté d’un nouveau président, le chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi.

Dans son discours d’ouverture devant les chefs d’Etat, M. Ban a estimé que les révolutions arabes avaient été "à la fois une source d’inspiration mais aussi un rappel que les dirigeants doivent écouter leur peuple, et que nous devons tous faire mieux".

Le patron de l’Onu a également causé la surprise en appelant les dirigeants africains à relever "le défi" de la défense des droits des homosexuels. Alors que l’homosexualité est interdite par la loi dans une large majorité de pays africains – à quelques exceptions comme l’Afrique du Sud – M. Ban a dénoncé les gouvernements qui "traitent les gens comme des citoyens de seconde classe, voire des criminels" en raison de leur orientation ou de leur identité sexuelle.

En Ouganda, le Parlement envisage notamment depuis des mois de durcir la législation contre l’homosexualité — déjà punissable de peines de prison de longue durée — et de prévoir jusqu’à la peine de mort, particulièrement dans certains cas de récidive.

"L’avenir de l’Afrique (dépend) aussi de l’investissement dans les droits civils"

Plus généralement, alors que le thème officiel du sommet de l’UA est le développement du commerce intra-africain, le secrétaire général de l’ONU a estimé que "l’avenir de l’Afrique dépendait aussi de l’investissement dans les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels". Au Sénégal, l’opposition a appelé samedi à "la résistance" contre le président Wade, 85 ans, après la validation de sa candidature à la présidentielle de février par le Conseil constitutionnel, qui a provoqué de graves violences dans plusieurs villes.

Ces événements n’ont pas été commentés par les intervenants successifs à la tribune de l’UA, selon une tradition implicite voulant que les dirigeants africains s’abstiennent d’évoquer publiquement les difficultés de leurs pairs. Sans évoquer de cas précis, M. Ban a pour sa part relevé que "25 pays africains allaient tenir des élections cette année", à un niveau ou à un autre, et il a émis le souhait que "ces scrutins soient bien organisés, transparents et inclusifs".

La leçon des révolutions arabes, a insisté M. Ban, est que "le pouvoir de la police ne peut rien face au pouvoir du peuple qui réclame la dignité et la justice". Plus particulièrement, le secrétaire général a appelé à nouveau les autorités en Egypte à "assurer un transfert rapide du pouvoir au gouvernement civil".

Teodoro Obiang cède sa place à Boni Yayi

Le président de la Commission de l’UA Jean Ping — par ailleurs candidat à sa succession au cours de ce sommet — a lui félicité le président tunisien, Moncef Marzouki, "symbole de la lutte pour la liberté de son pays", et a salué la présence pour la première fois à un sommet de l’organisation continentale des présidents de Zambie, Michael Sata, et du Cap Vert, Carlos Fonseca, "arrivés au pouvoir à l’issue d’élections exemplaires".

En revanche, le président sortant de l’Union africaine, le chef d’Etat équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, a paru prendre l’exact contre-pied des priorités démocratiques défendues par M. Ban, en estimant "qu’il pourrait bien ne pas y avoir de démocratie si les pays ne bénéficiaient pas d’une économie robuste". Il a ensuite cédé son poste de président de l’UA — largement symbolique — au chef de l’Etat béninois, Thomas Boni Yayi, élu pour un an selon la règle de rotation de l’organisation.

Le dignitaire chinois Jia Qinglin, qui avait la veille officiellement remis à l’UA son nouveau siège, construit et payé par la Chine pour 200 millions de dollars – 154 M EUR – a quant à lui assuré que "la Chine était résolue à accroître ses échanges avec l’Afrique", avec qui le commerce s’est élevé à 150 milliards de dollars l’an dernier selon lui.

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